| mercredi 01 avril 2009, a 20:02 |
| Philosophie de l'Amour et de la Sagesse |
Ne suis-je et ne serais-je encore et toujours ce
pèlerin à la recherche de mon Moi profond sur le
chemin de la vie ?
Tout ce qui a été dit, murmuré, hurlé, crié sur
terre, parle d'Amour ...
A quoi bon vouloir paraître ce que l'on est ...
cacher son visage sous un voile de sagesse
qui n'en est un et que l'on se plaît à vouloir et à
faire croire aux autres.
La religion et la spiritualité ne font pas tout, bien
que certains se l'imaginent, il faut se relever
les manches, gagner son pain quotidien,
accomplir sa destinée, c'est ainsi que l'Eternel
voit la chose ...
Beaucoup ne sont que des individus prônant
Dieu non pas par convictions mais pour flatter
cet ego tueur de sentiments et valeurs
premières indispensables à l'accomplissement
heureuse de la vie.
J'adhère à l'authentique, à l'imparfait, je ne suis
qu'une âme à la dérive parmi d'autres âmes, et
mon cri n'est que celui de la survie en ce monde
de cons.
Je resterais donc ce que j'ai toujours été, suis et
serais, atypique, que cela ne vous déplaise, il
faut de tout ici-bas.
Il n'existe aucune autre religion pour moi, si ce
n'est celle du coeur, de la sagesse et de la
raison, elle est là, là tout au fond de nous, il
nous suffit de la découvrir pour être en parfaite
communion avec Lui.
Khalil, mon Frère, mon Ami, ma Joie, ma
Sagesse, il n'y a qu'au travers de tes
mots que je me sens comprise et apaisée.
Je ne suis qu'une terrienne en détresse ...
L. - F.
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| mercredi 02 décembre 2009, a 18:59 |
| Les Dieux de la terre. 5 |

Deuxième Dieu :
Nous avons planté l'homme, qui est notre vigne, et labouré le sol
Dans la brume pourpre de la première aurore.
Nous avons vu pousser les branches amaigries,
Et tout au long de ces années sans saison
Nous avons nourri les jeunes pousses.
Nous avons protégé le bourgeon des éléments déchaînés
Et nous avons défendu la fleur contre les esprits malins.
Et maintenant que notre vigne a donné du raisin
Tu refuses de la cueillir pour le mener au pressoir et remplir la
coupe.
Quelle main plus puissante que la tienne va cueillir le fruit ?
Et quelle noble fin que ta soif attende le vin ?
L'homme est la nourriture des dieux.
Et la gloire de l'homme commence
Quand son souffle inutile est aspiré par les lèvres sanctifiées des
dieux.
Tout ce qui est humain est néant s'il ne reste qu'humain ;
L'innocence de l'enfance et la douce joie de la jeunesse,
La colère de la maturité et la sagesse de la vieillesse ;
La splendeur des rois et le triomphe des guerriers.
Le renom des poètes et l'honneur des rêveurs et des saints ;
Tout ceci et tout ce que cela suppose est du pain pour les dieux.
Et ce ne sera que du mauvais pain si les dieux ne le portent pas à
leurs bouches.
Et tout comme le raisin muet se change en chansons d'amour
quand le rossignol le mange,
Et étant le pain des dieux l'homme éprouvera la divinité.
...
Khalil Gibran
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| lundi 30 novembre 2009, a 20:36 |
| Esprits rebelles. 1 |

Madame Rose Hanie - 1
Il est bien malheureux l'homme qui aime une femme et la prend
pour épouse, qui répand à ses pieds la sueur de son front, son
sang et la vie de son coeur, et dépose dans ses mains le fruit de
son labeur et les rentes de son zèle ; car quand il s'éveille
lentement, il réalise alors que ce coeur, qu'il s'est efforcé d'acheter,
s'est donné librement et sincèrement à un autre homme pour
satisfaire son amour le plus caché et le plus secret.
Elle est bien malheureuse la femme qui, ayant perdu l'insouciance
et l'impatience de la jeunesse, se retrouve dans le foyer d'un
homme qui la couvre d'or et de précieux présents, qui lui accorde
tous les honneurs et la distinction de fêtes prodigues, mais
s'avère incapable de satisfaire son âme avec le vin céleste que
Dieu verse des yeux d'un homme dans le coeur d'une femme.
Je connaissais Rashid Bey Namaan depuis mon plus jeune âge ;
il était libanais, né et élevé à Beyrouth et membre d'une vieille et
riche famille qui maintenait la tradition et la gloire de ses aïeux,
Rashid aimait à faire le récit des nobles faits et gestes de ses
ancêtres. Dans sa vie quotidienne, il s'appliquait à suivre leurs
croyances et leurs coutumes qui, à cette époque, prédominaient
au Moyen-Orient.
Rashid Bey Namaan était bon et généreux, mais comme de
nombreux Syriens, il ne s'occupait que de l'apparence des choses
au lieu de la réalité.
...
Khalil Gibran
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| lundi 30 novembre 2009, a 12:19 |
| L'Aveugle. 3 |

David :
Que le ciel te bénisse (pause). A présent, nous devons nous
arrêter de parler. Il se fait tard. Approche-toi et laisse-moi "voir" ton
visage.
(Anna s'assied à même le sol et tend la tête vers lui. Il tient son
visage avec tendresse et le parcourt avec ses doigts délicats.)
Sais-tu, Anna, que ton visage est le seul que j'aie vu depuis que je
suis devenu aveugle. C'est le seul visage que j'aie vue de mes
doigts, et c'est un visage si beau.
(Il passe ses doigts entre les cheveux d'Anna)
Et tes cheveux, aussi. Ils sont si doux et si fins. Ils sont dorés. Je
peux "voir" qu'ils sont dorés.
(David et Anna gardent le silence pour un moment, sa main reste
posée sur ses cheveux clairs.)
Anna :
Ecoute, père. Je veux te révéler un secret.
David :
Je t'écoute.
Anna :
Sais-tu que je m'apprends à voir avec mes doigts ? J'ai pris tes
livres dans ma chambres - ceux à lettres en relief - et j'ai déjà bien
appris. Je peux lire dans le noir. S'il te plaît, n'en parle pas à ma
mère. Elle ne me comprendrait pas. Tu vois, père, je veux me
sentir comme toi. Je veux être comme toi, vivre dans ton monde. Je
sens que tu n'accepterais que je vienne dans ton monde.
(Une pause brève, David est profondément ému).
Veux-tu que je te raconte davantage.
David :
(Couvrant de ses mains son visage.)
Oui, Anna, raconte-moi davantage.
Anna :
La fois où je suis allée à la soirée de l'anniversaire de Barbara, il y
avait six filles à mes côtés - et Barbara aime tant ta musique, père.
Ce soir-là, nous avons joué à plusieurs jeux. Tu sais, des jeux de
fllles. Puis, soudain une idée m'est venue, et j'ai inventé un
nouveau jeu. Ce n'était pas vraiment un jeu. C'était plus - comme
tiens, comme une prière.
...
Khalil Gibran
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| lundi 30 novembre 2009, a 09:34 |
| Esprits rebelles. Introduction |

Dans les premières années du siècle, Khalil Gibran, installé à Boston, collabore au journal Al-Moujaher, destiné à l'émigration arabophone américaine.
En 1908, il en tire un recueil de textes, Esprits rebelles. Composé de quatre histoires d'amour tragiques, le livre pose le problème de la condition de la femme arabe et de sa position dans la société libanaise.
La sanction de cette audace ne tarde pas à tomber ; le livre est très sévèrement critiqué par l'Eglise maronite qui voit en lui une attaque du clergé et une incitation à la libération des femmes.
L'ouvrage est jugé hérétique, et le pouvoir ottoman au Liban le menace d'autodafé en place publique.
Nous pourrons nous rappeler quant à ce sujet, "Les Ailes brisées", l'histoire de Selma Karamy tiraillée entre la condition féminine des femmes au Liban et celle de vivre en harmonie sa vie de femme avec celui qu'elle aime et non qu'on lui a choisi ...
L. - F.
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| dimanche 29 novembre 2009, a 20:21 |
| Le Précurseur. 8 |

Le Roi Ermite - 2
Et je lui dis : "Bien étrange est ton histoire !"
Et il me répondit : "Non, mon ami. Tu es venu frapper à la porte de
mes silences et tu n'as rien reçu. Car qui ne veut pas abandonner
un royaume pour une forêt où les saisons ne cessent de chanter
et danser ? Nombreux sont ceux qui ont donné leur royaume pour
moins que l'isolement et l'agréable compagnie de la solitude.
Nombreux sont les aigles qui descendent de l'air supérieur pour
vivre avec les taupes afin d'en connaître les secrets de la terre. Il y
a ceux qui renoncent au royaume des rêves afin de ne pas
sembler distants de ceux qui ne rêvent pas. Et ceux qui renoncent
au royaume de la nudité, en couvrant leurs âmes, afin que les
autres ne soient pas intimidés en voyant la vérité non couverte et la
beauté non voilée. Et plus extraordinaire encore que tous ceux-là
est celui qui renonce au royaume de la tristesse pour ne pas
paraître fier et orgueilleux.
Puis il se leva en s'appuyant sur son roseau et dit : "va, maintenant
à la grande cité et assieds-toi à sa porte et regarde tous ceux qui y
entrent et en sortent. Et cherche celui qui, bien que né roi, est sans
royaume ; et celui qui, bien que dominé dans le corps, domine
dans l'esprit, alors que ni lui ni ses sujets ne le savent ; et celui
aussi qui semble gouverner et pourtant il est, en réalité, esclave de
ses propres esclaves.
Après avoir dit tout cela il me sourit, et il y avait mille aubes sur ses
lèvres. Puis il se retourna et s'en alla au coeur de la forêt.
Puis je retournai à la cité et m'assis à sa porte pour observer les
passants, tout comme il me l'avait dit. Depuis ce jour-là jusqu'à
maintenant innombrables sont les rois dont les ombres sont
passées sur moi et rares sont les sujets sur lesquels mon ombre
est passée.
Khalil Gibran
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| dimanche 29 novembre 2009, a 20:08 |
| Le Précurseur. 7 |

Le Roi Ermite
Il me fut raconté que dans une forêt, au milieu des montagnes, un
jeune homme vit seul ; il était autrefois le roi d'un vaste pays au
delà des Deux Fleuves.
Il me fut dit également que par sa propre volonté, il avait quitté son
trône et la terre de sa gloire pour venir se loger dans des terres
désertées.
Je me dis alors : "Je voudrais partir à la recherche de cet homme
et découvrir le secret de son coeur ; car celui qui renonce à un
royaume doit être plus noble qu'un royaume".
Ce même jour, je me dirigeai vers la forêt où il habitait. Je le trouvai
assis sous un cyprès blanc, et dans sa main un roseau comme si
c'était un sceptre.
Et je le saluai comme j'aurais salué un roi. Il se tourna vers moi et
me dit gentiment : "Que fais-tu dans cette forêt de sérénité ?
Cherches-tu un moi perdu dans ces ombres verdoyantes, ou la
joie du retour dans ton crépuscule ?"
Je répondis : "Je ne cherche que toi ; car je voudrais savoir ce qui
t'a fait quitter un royaume pour une forêt ?"
Et il me dit : "Mon histoire est brève, car la vérité a éclaté
subitement. Cela s'est passé ainsi : Un jour, assis à ma fenêtre
dans mon palais, j'ai vu mon chambellan et un envoyé d'un pays
étranger se promener dans mon jardin. Alors qu'ils s'approchaient
de ma fenêtre, j'ai entendu le grand chambellan parlait de lui
même en disant : "Je suis comme le roi, j'ai une soif de vin fort et
une faim de tous les jeux de hasard. Et comme sa majesté le roi,
j'ai des colères en tempêtes." Et ils ont disparu au milieu des
arbres. Mais quelques minutes plus tard, ils sont retournés, et cette
fois-ci le grand chambellan parlait de moi, disant : "Sa majesté le
roi est comme moi, un tireur d'élite ; et comme moi, il aime écouter
la musique et prendre un bain trois fois par jour."
Un instant plus tard, le roi ajouta : "Le soir même, j'ai quitté le
palais en ne prenant rien d'autre que les habits que je portais. Car
je ne veux plus régner sur des sujets qui imitent mes vices et
m'attribuent leurs vertus."
...
Khalil Gibran
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| dimanche 29 novembre 2009, a 20:00 |
| Le Précurseur. 5 |

Amour
Ils disent que le chacal et la taupe
Boivent de la même rivière
Où vient boire le lion.
Et ils disent que l'aigle et le vautour
Plongent leurs becs dans la même carcasse
Et qu'ils sont en paix, l'un avec l'autre,
En présence de la chose morte.
Ô amour, dont la main noble
A refréné mes désirs
Et a élevé ma faim et ma soif
Vers la dignité et la fierté,
Ne laisse pas le fort en moi et le constant
Manger le pain et boire le vin
Qui tente mon moi faible.
Laisse-moi plutôt jeûner
Et laisse mon coeur se dessécher de soif,
Laisse-moi mourir et périr
Avant que je ne tende ma main
Vers une coupe que tu n'as pas remplie,
Ou un bol que tu n'as pas béni.
Khalil Gibran
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| dimanche 29 novembre 2009, a 16:50 |
| Les cendres du passé. 6 |

Jean le Fou - 6
Jean plaida : "Je ne possède pas le moindre sou. Ayez pitié d'un
pauvre pasteur, Père."
Et le père supérieur de rétorquer : "Alors tu dois vendre une part de
tes biens et apporter trois dinars, car il vaut mieux entrer dans le
Royaume des Cieux sans propriété que d'attirer sur toi le courroux
de Saint-Elie et de descendre en enfer."
Les autres moines opinèrent de la tête.
Après un bref silence, le visage de Jean s'éclaira et ses yeux
brillèrent comme si la peur et la servilité avaient déserté son coeur.
La tête haute, il regarda le père supérieur et s'adressa à lui
hardiment en ces termes : 'Les pauvres hères doivent-ils vendre
leurs misérables possessions, la source du pain de leur vie, afin
d'ajouter davantage d'or à la richesse du monastère ? Est-il juste q
que les pauvres soient oppressés et deviennent plus pauvres afin
que Saint-Elie puisse pardonner aux boeufs leurs torts
innocents ?"
Le père supérieur leva les yeux au ciel et psalmodia : "Il est écrit
dans le Livre de Dieu que celui qui a en abondance se verra
donner davantage, et que celui qui n'a rien s'en verra dépossédé."
Quand Jean entendit ces mots, il devint furieux et, tel un soldat qui
son épée à la face de l'ennemi, il tira le Nouveau Testament de
sa poche et s'écria : "C'est ainsi que vous détournez les
enseignements du Christ, bande d'hypocrites !
Et c'est ainsi que vous dévoyez l'héritage du plus sacré de la vie
afin de démultiplier vos maux ... Malheur à vous quand le Fils de
l'Homme reviendra pour détruire votre monastère, jeter ses débris
dans la vallée et réduire en cendres votre châsse et vos autels ...
Malheur à vous quand le courroux du Nazaréen s'abattra sur vous
et vous jettera dans les profondeurs de l'abîme ...
Malheur à vous qui adorez les idoles de la cupidité, qui cachez la
laideur de la haine sous vos habits noirs ... Malheur à vous,
ennemis de Jésus, qui bougez les lèvres pour réciter vos prières
tandis que vos coeurs sont chargés de luxures ... Malheur à vous
qui vous agenouillez devant l'autel du corps, tandis que vos esprits
se révoltent contre Dieu !
Vous êtes pollués par votre propre péché en me punissant d'avoir
approché votre terre, que mes ancêtres et moi avons payée. Vous
m'avez ridiculisé quand je vous ai demandé pitié au nom du Christ.
Prenez ce Livre et montrez à vos moines souriants où le Fils de
Dieu a jamais refusé de pardonner ... Lisez cette tragédie céleste
et dites-leur où Il n'a pas parlé de miséricorde et de bonté, que ce
soit dans le sermon sur la montagne ou bien dans le temple.
N'a-t-il pas pardonné ses péchés à la femme adultère ? N'a-t-il
pas écarté les mains sur la Croix pour embrasser l'Humanité ?
Regardez nos misérables masures, où les malades souffrent sur
leur couche dure ... Regardez derrière les barreaux des prisons, où
l'homme innocent est victime de l'oppression et de l'injustice ...
Regardez les mendiants, qui tendent les mains pour faire
l'aumône,humiliés dans leur coeur et brisés dans leurs corps ...
Pensez à tous ces disciples asservis, qui endurent les affres de la
faim, tandis que vous menez une vie de luxure et d'indifférence,
goûtant aux fruits des champs et au vin des vignes. Vous n'avez
jamais visité un homme qui souffre ni consolé celui qui était abattu
ni nourri celui qui avait faim. Vous n'avez jamais abrité le passant
ni témoigné de sympathie pour l'éclopé.
Et pourtant vous n'êtes pas satisfaits de ce que vous avez
chapardé à nos pères, mais vous tendez encore vos mains
pareilles à des têtes de vipères, vous emparant par la menace de
l'Enfer du peu qu'une veuve a épargné tout au long d'une existence
d'un dur labeur qui lui a brisé le corps, ou de ce qu'un misérable
fellah a stocké pour maintenir en vie ses enfants !"
...
Khalil Gibran
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| dimanche 29 novembre 2009, a 14:35 |
| Les Dieux de la terre. 4 |

Premier Dieu :
Mon coeur a soif, cependant je refuse de boire le sang défaillant
d'une race débile,
Car la coupe est corrompue, et le vin qu'elle contient est amer à
mes lèvres,
Comme toi, j'ai pétri l'argile et je l'ai façonnée pour lui donner des
formes vivantes
Qui ont glissé de mes doigts ruisselants vers les marais et les
collines.
Comme toi j'ai embrasé les sombres profondeurs de la vie qui
commençait
Et je l'ai vue ramper depuis les cavernes jusqu'aux hauteurs
rocheuses.
Comme toi j'ai invoqué le printemps et fait de sa beauté
Un leurre qui s'empare de la jeunesse et la contraint à engendrer
et à se multiplier.
Comme toi j'ai mené l'homme de sanctuaire en sanctuaire,
Et changé sa peur muette des choses invisibles
En confiance craintive en nous, les inaccessibles et les inconnus.
Comme toi j'ai envoyé des tempêtes furieuses s'abattre sur sa tête
Pour qu'il se prosterne devant nous,
Et j'ai ébranlé la terre à ses pieds jusqu'à ce qu'il crie vers nous ;
Et comme toi, j'ai guidé l'océan sauvage vers son île blottie,
Jusqu'à ce qu'il meure en nous invoquant.
J'ai fait tout cela, et encore davantage.
Et tout ce que j'ai fait est vide et vain.
Vain est le réveil et vide est le sommeil.
Et trois vide et vain est le rêve.
Troisième Dieu :
Frères, mes augustes frères,
En bas dans le bocage de myrte
Une fille danse sous la lune,
Il y a une centaine d'étoiles de rosée dans ses cheveux,
Et une centaine d'ailes autour de ses pieds.
...
Khalil Gibran
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| dimanche 29 novembre 2009, a 14:21 |
| Les Dieux de la terre. 3 |

Deuxième Dieu :
Je ne serais pas aussi inutile qu'en n'étant plus.
Il me fallait choisir le chemin le plus rude ;
Suivre les saisons et supporter la majesté des années ;
Semer la graine et la regarder pousser en terre ;
Faire sortir la fleur de sa cachette
Et lui donner la force de blottir sa propre vie,
Puis la cueillir quand l'orage éclate dans la forêt ;
Faire jaillir l'homme de la secrète obscurité,
En prenant soin que ses racines restent agrippées à la terre ;
Lui donner soif de vie, et faire de la mort son échanson ;
Le doter de l'amour qui croît avec la douleur,
S'intensifie avec le désir, augmente avec l'envie.
Et dépérit à la première étreinte ;
Ceindre ses nuits des rêves des grands jours,
Inspirer à ces jours la vision de nuits bienheureuses,
Et néanmoins limiter ses jours et ses nuits
A leur immuable ressemblance ;
Faire que son imagination soit comme l'aigle de la montagne ;
Et sa pensée comme les tempêtes en mer,
Et néanmoins lui donner des mains lentes à se décider,
Et des pieds qui avancent lourdement ;
Lui donner la joie pour qu'il puisse nous chanter,
Le chagrin pour qu'il puisse nous invoquer,
Et puis l'étendre à terre,
Quand la terre affamée réclame à manger ;
Élever son âme bien au-dessus du firmament
Qu'il puisse avoir un avant-goût de notre futur,
Et maintenir son corps rampant dans la fange
Qu'il ne puisse oublier son passé
C'est ainsi que nous gouvernerons l'homme jusqu'à la fin des
temps,
En régissant son souffle qui commença avec les pleurs de sa
mère,
Et se termine par les lamentations de ses enfants.
...
Khalil Gibran
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| dimanche 29 novembre 2009, a 14:05 |
| Les Dieux de la terre. 2 |

Deuxième Dieu :
C'est le parfum enflammé de la vie qui couve
Que je voudrais respirer maintenant et pour toujours.
Les dieux vivent de sacrifices,
Leur soif est étanchée par le sang,
Leurs coeurs sont apaisés par de jeunes âmes,
Leur vigueur est affermie par les soupirs impérissables
De ceux qui cohabitent avec la mort ;
Leurs trônes sont bâtis sur les cendres des générations.
Premier Dieu :
Mon esprit est las de tout ce qui est.
Je ne lèverais pas le doigt pour créer un monde
Ni pour en effacer un.
Je ne voudrais pas vivre si je devais mourir,
Car les siècles pèsent sur moi,
Et la plainte incessante des mers trouble mon sommeil.
Si je devais oublier le dessein originel
Et disparaître comme un soleil dévasté ;
Si je devais dépouiller ma divinité de son but
Et expirer mon immortalité dans l'espace,
Et n'être plus ;
Si je devais me consumer et passer de la mémoire du temps
Au vide de nulle part !
Troisième Dieu :
Ecoutez mes frères, mes frères de longue date.
Un jeune homme dans le vallon là-bas
Chante son coeur pour la nuit.
Sa lyre est d'or et d'ébène,
Sa voix est d'argent et d'or.
...
Khalil Gibran
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| dimanche 29 novembre 2009, a 13:53 |
| Les Dieux de la terre. 1 |

Quand la nuit de la douzième éternité tomba,
Et que le silence, marée haute de la nuit, engloutit les collines,
Les trois dieux de naissance terrestre, Les Maîtres Titans de la vie,
Apparurent au-dessus des montagnes.
Les rivières couraient ça et là à leurs pieds ;
La brume flottait sur leur poitrine,
Et leurs têtes se hissèrent avec majesté au-dessus du monde.
Alors ils parlèrent, et tels de lointains tonnerres
Leurs voix roulèrent sur les plaines.
Premier Dieu :
Le vent vient de l'Est ;
J'aimerais tourner mon visage vers le Sud,
Car le vent emplit mes narines de l'odeur des choses mortes.
Deuxième Dieu :
C'est l'odeur de la chair brûlée, douce et bienfaisante.
Je veux la respirer.
Troisième Dieu :
C'est l'odeur de ce qui meurt en se desséchant au dessus de sa
propre flamme affaiblie.
Elle plane lourdement dans l'air.
Et comme le souffle fétide de la fosse
Elle offense mes sens.
Je voudrais tourner mon visage vers le nord inodore.
...
Khalil Gibran
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| dimanche 29 novembre 2009, a 13:45 |
| Les Dieux de la terre. Introduction |

L'homme, ce point de convergence entre le temporel et l'éternel ...
Au soir de sa vie, malade, Khalil Gibran s'interroge sur l'humanité,
la divinité, l'amour, la mort.
Il décide de reprendre certains de ses textes de jeunesse et de
revenir aux sources "pour trouver une autre aube."
Plongeant au coeur des deux grands livres sacrés, piliers de son
univers et de sa poésie, il prolonge sa rêverie biblique et
coranique : exaltation d'un pélerinage au coeur de ses origines :
Iram, cité des Hautes colonnnes, soif de rencontrer l'âme soeur
ici-bas ou dans l'au-delà : Lazare et sa bien-aimée, et naissance
de l'amour dans un couple sous le regard des dieux : Les Dieux de
la terre.
Cet ouvrage est suivi donc de deux autres histoires qui sont Iram,
cité des hautes colonnes et Lazare et sa bien-Aimée.
Bonne lecture !
L. - F.
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| samedi 28 novembre 2009, a 07:20 |
| Ma quête d'Absolu |

Mea Culpa
Entre ici et l'Au-delà
S'installe un dilemme
A mon coeur blême
Je suis l'âme désabusée
Par la religion, assassinée
Par ces inconstants
Qui, le mors au dent
Encore et toujours
Bafoue l'Amour.
Au nom de Dieu
Le tout Puissant et Miséricordieux
Je ne veux plus appartenir
A une étique en mal de devenir
Que ce soit chrétiens, musulmans
Laissez-moi loin de vos tourments
De cette folie
D'une rage sans merci.
Je prends les chemins de traverse
Où nul ne me renverse
L'esprit, le coeur, l'âme
Sans que meure ma flamme.
Brûlez-moi donc au pilori
Des atypiques, des impies,
Je saurais avec force crier
Ma passion, mon intégrité
Pour cette soif de savoir
Qui est-il cet être porteur d'Espoir
En cette humanité morte-vivante
Que son intelligence hante.
En chaque coeur
Je cherche l'erreur.
Il ne se montre, je le ressens
Par delà, le néant.
Et sa proche aura
Me prend dans ses bras
Sans que je le sache encore.
Mais à l'aurore,
Apaisée et tranquille,
L'existence reprend le fil
Et se fige cette histoire
A ma mémoire.
Eternel
Là-haut vers l'immensité de ce ciel !
Je t'apostrophe et te tutoie
Malgré leur crainte, je sais bien, moi
Que tu observes de ton trône
La discorde sous ton aulne
Que tes séraphins
Malgré leur chant sans fin
Ne peuvent rien y faire
Ce monde est un enfer.
Pardonnez-moi d'être ainsi
Mais la religion nenni !
Je ne l'épouse, je ne la veux
Un accident malencontreux
M'a posée quelques temps
Portée au firmament
Sur ces ailes de mensonges
De ceux qui nous rongent.
Il n'y a qu'une vérité
Il faut Aimer, Aimer
Imbibée de sagesse
Sans que ne cesse
La raison.
De toute façon
L'Etre de lumière
Ne se trouve sur terre
Mais en chacun de nous
Bien que cela paraisse flou
Nous sommes un grain de Celui
Que nous recherchons jour et nuit.
Ma quête d'Absolu
Jamais plus ...
J'ai découvert
Cet univers
Au fond de mon coeur
Je n'ai plus peur ...
L. - F.
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| samedi 28 novembre 2009, a 06:55 |
| "Ces" Dimanches |

Je me souviens D'un temps incertain Lorsque petite fille de « ces » dimanches Avec mes socquettes blanches Dans ma robe à carreaux vichy, Vous vouliez que je prie Les genoux à la froideur de la pierre Dans la grande église austère, Où les rêves restent prisonniers Aux vitraux colorés Entre l'ange et le démon À chaque saison. J'étais cependant sincère Parmi vous, grenouilles et vipères Chantant de vos voix aiguës Qui comme un poison de ciguë Pénétraient coeur et âme, Chassaient la moindre flamme. À vous regarder droites comme des manches Dans quelques tailleurs trop serrés aux hanches, Je me demandais quelle folie Pouvait vous porter vers Dieu ainsi ? Vous distribuiez coups sans émoi Aux leçons de catéchisme sur les doigts Afin de faire entrer en ma petite tête D'une rigide baguette. Quant à mes questions dérangeantes Vous me traitiez d'insolente : « Mais comment Marie peut-elle être vierge ? » Tandis que se consumait un énorme cierge ... Dans sa soutane noire tel un diable Le curé d'un air peu charitable Plissait sourcils et front Devant cet affront, Se signait prestement d'une main Avant de me mettre au coin. À vouloir m'inculquer votre vision, Naquit ma rébellion. Je me suis inventée mon Dieu Au bleu des cieux Et non le vôtre, Les bons apôtres ! Dans ce lieu sombre et glacé Que le soleil jamais n'illuminait Froid comme la mort, Pétrifiant le corps, Où l'âme ne voyage Sans le duvet d'un nuage, Où le coeur ne s'exprime Comme jeté aux abîmes D'un confessionnal Qui ne reconnaît que le mal. Il fallait inventer Des péchés Pour vous faire plaisir Afin d'assouvir Votre instinct destructeur d'innocence. Parmi les parfums de cire et d'encens Je vous ai offert tous « ces » dimanches. Petit oiseau sur la branche Avec mes chaussures vernies Et mon missel pour compagnie Sur ces bancs poussiéreux Où je n'ai aperçu Dieu ...
L. - F.
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| jeudi 26 novembre 2009, a 18:57 |
| L'Aveugle. 2 |

Anna :
Oh, père ! Je ne peux pas lire ce poème comme tu le fais ! Il est si beau quand toi-même, tu le déclames<:
(David répète les deux derniers vers. Puis un silence profond s'abat sur tous les deux. On entend le vent souffler à l'extérieur.)
Dois-je lire un autre poème, père ?
David :
Non, ma chérie, cela suffit pour ce soir. Tu dois être fatiguée.
Anna :
Je ne suis pas fatiguée. Je ne me fatigue jamais en lisant pour toi. S'il te plaît, laisse-moi rester encore un moment.
(David sort une montre de sa poche et passe le doigt sur son cadran.)
David :
Il est si tard, tu ne peux imaginer à quel point il se fait tard, ma fille. Si tu ne vas pas te coucher, ta mère sera en colère contre toi et contre moi aussi.
Anna :
Ma mère continue à me traiter comme si j'étais encore une enfant. Elle ne peut pas voir que je suis tout simplement aussi vieille qu'elle. Ah ! j'aimerais que ma mère puisse avoir plus de compréhension !
David :
(Avec prévenance) Et père aussi ?
Anna :
Toi, tu comprends toujours, père.
David :
J'aurais souhaité être ton père, Anna.
Le Fou :
Elle l'appelle toujours père, et pourtant David est le fils du coeur d'Anna. Tout homme est l'enfant de la femme qui l'aime.
Anna :
(Posant son bras autour de lui) Mais tu es mon père ! S'il te plaît, dis que tu es mon père. J'étais toute petite quand tu t'es marié avec ma mère. Je ne me souviens plus de son premier mari ; je veux dire mon autre père.
David :
(Avec une tristesse rêveuse.) Oui, ma chérie, je sais. Mais j'aurais bien voulu que tu sois ma vraie fille. Un aveugle a besoin d'une fille, une enfant de sa propre chair qui puisse voir pour lui et lire pour lui, quand le bout de ses doigts est fatigué de ces lettres en relief et que ses yeux sont las de l'obscurité.
Anna :
Certainement, tu ne dis pas ces choses pour me blesser. Tu sais que je t'aime le plus au monde. Tu sais que tu es le père de mon coeur, et tu sais que je ne t'abandonnerai jamais tant que je suis en vie. Te souviens-tu de ce qui nous a réjouis, l'été passé ? Le poème qui dit : " T u es l'enfant de mon coeur en Dieu, et de mon esprit, bien que tu ne sois pas de ma chair. Et dans tes veines coule un souffle plus riche que des rubis en liquide." T'en souviens-tu, père ?
David :
Oui, je me souviens. (Il faut une pause). Je sais que tu m'aimes, ma chérie. Tu m'aimes, parce que j'ai besoin de toi et que je suis aveugle.
Anna :
(En criant.) Non, père ! je t'aime car c'est moi qui ai besoin de toi. Je t'aime, car tu es le seul homme sur terre qui ne soit pas aveugle.
Le Fou :
Si un aigle et un ver de terre se rencontraient pour parler de ce qu'ils voient, chacun d'eux traiterait l'autre d'aveugle.
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Khalil Gibran
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| jeudi 26 novembre 2009, a 14:17 |
| Les cendres du passé. 5 |
Jean le Fou - 5

Il le salua, s'inclina révérencieusement et lui demanda s'il avait vu ses boeufs. Le moine qui semblait essayer de contenir sa colère lui dit : "Oui, je les ai vus. Suis-moi et je te les montrerai."
Comme ils parvenaient au monastère, Jean trouva ses boeufs attachés avec des cordes dans une étable. L'un des moines se comportait comme leur gardien et, chaque fois qu'un animal bougeait, il lui frappait l'échine avec un lourd bâton.
Jean fit une tentative désespérée pour détacher ses pauvres bêtes, mais le moine le retint par sa cape et l'en empêcha. Au même moment, il se tourna vers le monastère et cria : "voilà le vacher criminel ! je l'ai trouvé !" Les prêtes et les moines se précipitèrent sur place et encerclèrent Jean qui, déconcerté, se sentait comme un captif. "Je n'ai rien fait pour mériter d'être traité de criminel." dit Jean, au père supérieur. Et ce dernier répliqua en colère : "Tes boeufs ont piétiné nos plantations et détruit nos vignes.
Dans la mesure où tu en es responsable des dommages qu'ils ont causés , nous ne te rendrons pas tes boeufs tant que tu n'auras pas compensé notre perte."
Jean protesta : "Je suis pauvre et je n'ai pas d'argent. S'il vous plaît, relâchez mes boeufs et je fais l'engagement solennel que je ne les ramènerai jamais sur ces terres."
Le père supérieur fit un pas en arrière, leva la main vers les cieux et dit : " Dieu nous a désignés pour être les protecteurs de cette vaste terre de Saint-Elie, et c'est notre devoir que de veiller sur elle de toute notre puissance, car cette terre est sainte, et comme le feu, elle brûlera quiconque y pénétrera. Si tu refuses de payer ton crime contre Dieu, l'herbe que tes boeufs ont mangée ne manquera pas de se changer en poison et de les anéantir !"
Le père supérieur s'apprêtait à repartir, mais Jean toucha sa robe de bure et le supplia humblement "J'en appelle à vous au nom de Jésus et de tous les saints, laissez-nous libres, mes animaux et moi. Soyez bons avec moi, car je suis pauvre, et les coffres du monastère regorgent d'or et d'argent. Ayez pitié de mes parents pauvres et âgés, dont la vie dépend de moi. Dieu me pardonnera si je vous ai fait du tort."
Le père supérieur le toisa sévèrement et dit : "Pauvre ou riche, le monastère ne peut te pardonner tes dettes. Trois dinars suffiront à libérer tes boeufs."
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Khalil Gibran
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| jeudi 26 novembre 2009, a 07:06 |
| L'Aveugle. 1 |

Présentation des personnages
David Rugby, un musicien aveugle, trente ans
Helen, son épouse, dans la quarantaine
Sa fille Helen, Anna, d'un précédent mariage
Kingdon, l'homme qui a traversé le champ
Le Fou
Contexte :
Une nuit de janvier, aux environs de 23 heures, une tempête de
neige souffle à l'extérieur ...
Mise en scène :
Le rideau se lève, le Fou descend au centre de l'aile pour rentrer
sur la scène en se dirigeant vers une chaise près de la
cheminée et s'y assied.
David et Anna se trouvent sur un canapé.
Anna est en train de lire un poème à haute voix pour l'homme
aveugle.
Après avoir fini de lire. Anna parle ....
A suivre ...
Khalil Gibran
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| jeudi 26 novembre 2009, a 07:00 |
| L'Aveugle. Introduction |

L'Aveugle est également une pièce de théâtre qui gravite autour de
deux couples : la jeune fille et son beau-père qui est aveugle, ainsi
que la mère et son amant. Il s'avère que Khalil Gibran nous pose
cette histoire avec subtilité comme il sait si bien le faire à chaque
fois et que toute leçon est bonne à retenir. L'Aveugle étant le plus
voyant de tous au devant de la scène. Voir est en soi quelque
chose de grand, bien au-delà de la simple vue du monde.
L. - F.
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| jeudi 26 novembre 2009, a 06:58 |
| Les cendres du passé. 4 |
Jean le Fou - 4

Les oiseaux chantaient et voletaient au-dessus de lui, et de grandes nuées de colombes dessinaient des cercles dans le ciel, tandis que les fleurs ondoyaient sous la brise, comme si le soleil chatoyant les avait rendues euphoriques.
Jean s'absorbait dans la lecture du Livre et, entre ces séances intenses et éclairantes, il observait les dômes des églises dans les villages voisins et écoutait le battement rythmé des cloches.
De temps à autre, il fermait les yeux et volait sur les ailes des rêves de la Vieille Jérusalem, suivant les pas du Christ, interrogeant les habitants de la ville sur le Nazaréen, à quoi on lui répondait : " Ici, il a guéri le paralysé et redonné la vue aux aveugles, et, là, ils ont tressé pour lui une couronne d'épines et l'ont posée sur Sa tête. De ce porche, il s'est adressé à la foule avec de belles paraboles et, dans ce palais, ils L'ont attaché aux colonnes de marbre et L'ont flagellé. Sur cette route, il a pardonné ses péchés à la femme adultère et, à cet endroit, Il est tombé sous le poids de Sa Croix."
Une heure passa, Jean souffrait physiquement avec Dieu et le glorifiait en esprit. Midi vint bientôt, Jean avait perdu de vue ses boeufs Il regarda dans toutes les directions, mais ne parvint pas à les apercevoir et, alors qu'il regagnait le sentier qui menait aux champs voisins, il vit un homme dans le lointain, qui se tenait au milieu des vergers. Il s'approcha et se rendit compte que l'homme en question était l'un des moines du monastère.
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Khalil Gibran
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| jeudi 26 novembre 2009, a 06:58 |
| Les cendres du passé. 3 |
Jean le Fou - 3

Le printemps vint et la neige fondit dans les champs et les vallées. La neige sur la cime des montagnes dégelait progressivement, formant de nombreux ruisselets dans les chemins venteux menant aux vallées, s'assemblant pour former un torrent dont le grondement annonçait le réveil de la nature.
Les amandiers et les pommiers étaient en fleurs, les saules et les peupliers se recouvraient de bourgeons, et la Nature avait déployé ses gais habits bariolés sur la campagne.
Jean, fatigué de passer ses journées près de la cheminée, et sachant que ses boeufs rêvaient de pâturages, libéra ses animaux de leurs abris et les mena dans les champs, cachant son Nouveau Testament sous sa cape, de crainte qu'on ne le découvre.
Il atteignit une belle charmille attenante à des champs appartenant au monastère Saint-Elie, qui se dressait majestueusement sur une colline voisine. Tandis que les boeufs commençaient à paître, Jean s'appuya sur un rocher, se mit à lire son Nouveau Testament et à méditer sur la triste condition des enfants de Dieu sur terre et sur la beauté du Royaume des Cieux.
C'était le dernier jour du Carême, les villageois qui s'étaient abstenus de manger de la viande attendaient avec impatience la venue de Pâques. Jean, comme le reste des pauvres fellahin, ne faisait jamais la différence entre Carême et n'importe quel autre jour de l'année, car sa vie entière était comme un long Carême, et sa nourriture n'excédait jamais qu'un simple pain, pétri de la souffrance de son coeur, ou bien des fruits, achetés avec le sang de son corps.
La seule nourriture dont Jean eût besoin durant Carême était une nourriture spirituelle - le pain céleste qui fait monter dans con coeur de tristes pensées sur la tragédie du Fils de l'Homme et sur la fin de Sa vie sur terre.
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Khalil Gibran
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| mercredi 25 novembre 2009, a 18:39 |
| Le Précurseur. 4 |

Le Fou de Dieu
Alors que le rêveur traversait la cité sur un cheval sans selle, avec un clairon et un tambour devant lui, les habitants de la cité y accoururent. Quand ils le virent, ils se mirent tous à rire, et les enfants coururent derrière lui, d'une rue à une autre. Le coeur du rêveur fut pétri d'extase, et ses yeux brillaient.
Car pour lui, la tablette était une marque de la bénédiction du roi et la procession était faite en son honneur.
Alors qu'il était à cheval, il vit parmi la foule un homme qui était du même désert que lui ; son coeur s'enfla de joie, et il se mit à l'appeler en craint :
"Ami ! Ami ! Où sommes-nous ? Quelle est cette cité aux désirs du coeur ? Quelle est cette race d'hôtes si généreux qui accueillent le visiteur inattendu par un festin dans leurs palais, dont les princes sont là pour l'accompagner, dont le roi accroche une décoration sur sa poitrine et lui offre l'hospitalité d'une cité descendue du ciel ?"
Celui qui était originaire du même désert ne répondit pas. Il souriait simplement en hochant légèrement la tête. Et la procession continua son chemin.
Le visage du rêveur était en état d'élévation est ses yeux ruisselaient de lumière.
Khalil Gibran
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| mercredi 25 novembre 2009, a 18:32 |
| Le Précurseur. 3 |

Le Fou de Dieu
L'homme fort applaudit alors en signe d'appel, et voilà que quatre gardiens de la cité étaient là pour l'écouter. Puis ils prirent le rêveur, deux par deux, de chaque côté. Celui-ci nota alors le cérémonial de leurs habits et de leur allure, en les regardant avec enchantement.
"Ceux-ci, dit-il, sont des hommes de distinction."
Et ils marchèrent tous ensemble jusqu'au Palais de Justice et ils y entrèrent.
Le rêveur vit devant lui, assis sur un trône, un homme vénérable avec une longue barbe et une robe majestueuse. Et il crût que c'était le roi. Et il se réjouit d'avoir été conduit jusqu'à lui.
Puis les gardiens relatèrent au juge, qui était l'homme honorable, l'accusation contre le rêveur ; et le juge désigna deux avocats, l'un pour présenter l'accusation et l'autre pour défendre le rêveur. Les avocats se levèrent, l'un après l'autre, et chacun livra ses arguments. Le rêveur croyait écouter des discours de bienvenue, et son coeur regorgeait de gratitude envers le roi et le prince pour tout ce qu'on lui faisait.
Puis la sentence contre le rêveur fut prononcée : que l'on accroche à son cou une tablette sur laquelle sera inscrit son délit, et qu'il traverse toute la cité sur un cheval sans selle, avec un clairon et un tambour devant lui. Et la sentence fut appliquée sur-le- champ.
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Khalil Gibran
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| mercredi 25 novembre 2009, a 18:19 |
| Le Précurseur. 2 |

Le Fou de Dieu
Il était une fois un homme du désert qui vint à la grande cité de Sharia. C'était un rêveur qui ne possédait rien d'autre que son habit et son bâton.
Comme il traversait la cité, il regardait avec crainte et émerveillement les temples, les tours et les palais. Car la cité de Sharia était d'une beauté incomparable. Il parlait souvent aux passants en les interrogeant sur leur cité ; mais ils ne comprenaient pas sa lange, ni lui la leur.
A midi, il s'arrêta devant une immense auberge de marbre jaune, et les gens y rentraient et en sortaient librement.
"Cela doit être un lieu de pèlerinage", se dit-il ; alors, il y entra, lui aussi. Mais il fut tout surpris lorsqu'il se vit dans un hall d'une grande splendeur avec un grand nombre d'hommes et de femmes assis autour de plusieurs tables. Ils mangeaient et buvaient, écoutant les musiciens.
"Non, dit le rêveur. Ce n'est pas un lieu de culte. Cela doit être une fête donnée par le prince au peuple, en célébration d'un grand événement."
A ce moment-là, un homme, celui qu'il prit pour l'esclave du prince, s'approcha de lui et le fit asseoir. Et il fut servi de la viande, du vin et d'excellentes pâtisseries.
Lorsqu'il se sentit comblé, le rêveur se leva pour partir. A la porte, il fut arrêté par un homme fort, portant un magnifique habit d''apparat.
"Sûrement, c'est le prince lui-même", dit le rêveur dans son coeur. Alors il s'inclina devant lui en le remerciant.
Puis l'homme fort dit dans la langue de la cité :
"Monsieur, vous n'avez pas payé votre dîner.'
Mais le rêveur ne comprit pas, et de nouveau il le remercia de tout son coeur. Puis l'homme fort, s'étant approché du rêveur, l'observa attentivement. Et il vit qu'il était un étranger, misérablement vêtu et qu'en réalité, il n'avait pas les moyens de payer son repas.
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Khalil Gibran
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| mardi 24 novembre 2009, a 22:47 |
| Les cendres du passé. 2 |
Jean le Fou - 2

Les prêtres protestaient contre la lecture du Livre saint, et Jean faisait montre d'une grande prudence durant ces moments captivants passés à étudier. Les pères mettaient en garde les personnes candides contre son usage et menaçaient quiconque d'être excommunié de l'Eglise si on venait à découvrir qu'il en possédait un exemplaire.
Ainsi Jean passait-il sa jeunesse entre la belle terre de Dieu et le Nouveau Testament, plein de lumière et de vérité. Jean était un jeune homme tout silence et contemplation, il écoutait les conversations de ses parents et ne disait jamais le moindre mot ni ne posait des question.
Quand il s'asseyait avec ses contemporains, il fixait résolument l'horizon, et ses pensées étaient aussi perdues dans le lointain que ses yeux. Après chaque visite à l'église, il rentrait chez lui l'esprit abattu, car les renseignements des prêtres étaient différents des préceptes qu'il trouvait dans l'Evangile, et la vie du fidèle n'était pas celle, si belle, dont parlait le Christ.
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Khalil Gibran
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| mardi 24 novembre 2009, a 22:33 |
| Les cendres du passé. 1 |
Jean le Fou - 1

Durant l'été, Jean marchait chaque matin à travers champs, menant ses boeufs et portant sa charrue sur l'épaule, prêtant l'oreille aux chants apaisants des oiseaux et au bruissement des feuilles et de l'herbe.
A midi, il s'asseyait à côté d'un ruisseau dans les prairies aux couleurs vives pour manger, prenant soin de laisser pour les oiseaux quelques miettes sur l'herbe verdoyante.
Le soir, il rentrait dans la misérable masure, qui se trouvait à l'écart des hameaux et des villages du Nord-Liban. Après le dîner, il s'asseyait et écoutait attentivement ses parents, qui lui racontaient des histoires du temps passé jusqu'à ce que le sommeil le séduise et s'empare de ses yeux.
L'hiver, il passait ses journées près de l'âtre, à méditer sur les gémissements du vent et les lamentations des éléments, à réfléchir sur le cycle des saisons, et à regarder par la fenêtre en direction des vallées recouvertes de neige et d'arbres effeuillés, qui symbolisaient une multitude de personnes prises au piège des mâchoires du gel mordant et du vent puissant.
Durant les longues nuits d'hiver, il restait debout jusqu'à ce que ses parents se retirent, après quoi il ouvrait une armoire en bois rudimentaire en sortant son Nouveau Testament et le lisait secrètement à la lumière pâle et tremblotante d'une lampe.
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Khalil Gibran
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| mardi 24 novembre 2009, a 22:19 |
| Les cendres du passé et le feu éternel. Introduction |

"Et parmi toutes les vanités de la vie, il n'y a qu'une seule chose que l'esprit aime et dont il ait besoin. Une chose éblouissante et unique.
C'est un éveil dans l'esprit, c'est un éveil dans les profondeurs intérieures du coeur, c'est une puissance irrésistible et magnifique qui s'abat soudainement sur la conscience de l'homme et lui ouvre les yeux. C'est une flamme qui se déchaîne subitement dans l'esprit, brûle et purifie le coeur, s'élevant au-dessus de la terre t planant dans le vaste ciel."
Ces six textes de jeunesse de Khalil Gibran publiés en 1906 et 1913 mettent en scène des marginaux et des fous, petits prophètes guidés par une soif d'absolu et de liberté qui se se dressent contre l'ordre établi.
Khalil Gibran
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| mardi 24 novembre 2009, a 19:29 |
| Le Précurseur. 1 |

Tu es ton propre précurseur, et les tours que tu as construites ne sont que les fondations de ton moi géant. Et ce moi également sera une fondation.
Moi aussi, je suis mon propre précurseur, car cette longue ombre, qui s'étend devant moi au lever du soleil, se repliera sous mes pieds à midi. Toutefois un autre lever de soleil étendra une autre ombre devant moi et elle aussi se repliera lors d'un autre midi.
Nous avons toujours été nos propres précurseurs, et toujours nous continuerons d'être ainsi. Tout ce que nous avons cueilli et tout ce que nous cueillerons ne seront que des graines pour des champs pas encore labourés. Nous sommes les champs et les laboureurs, les récolteurs et la récolte.
Lorsque tu étais un désir errant dans la brume, j'étais là également en un désir errant. Puis nous nous sommes recherchés l'un et l'autre, et à partir de notre ardeur les rêves sont nés. Et les rêves étaient un temps illimité et une espace incommensurable.
Et lorsque tu étais une parole muette sur les lèvres frissonnantes de la Vie, j'étais là également, en une autre parole muette. Puis la Vie nous a proférés, et nous sommes descendus les marches des années en palpitant avec les souvenirs d'hier et l'ardent désir de demain. Car hier était la mort conquise et demain, la poursuite de la naissance.
Et maintenant nous sommes dans les mains de Dieu. Tu es un soleil dans Sa main droite, et je suis une terre dans Sa main gauche. Toutefois tu ne brilles pas plus que moi qui suis éclairé.
Nous, soleil et terre, ne sommes que le début d'un plus grand soleil et d'une plus grande terre. Et toujours nous serons le commencement.
Tu es ton propre précurseur, toi l'étranger qui passes à côté du portail de mon jardin.
Et je suis également mon propre précurseur bien que je sois assis dans l'ombre de mes arbres et que je semble être inerte.
Khalil Gibran
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| mardi 24 novembre 2009, a 19:20 |
| Le Précurseur. Introduction |

Le Précurseur est également une série de paraboles qui pavent le chemin d'un Moi plus grand ; c'est une voix qui crie dans le désert, qui brûle d'annoncer son successeur :
"De nos cendres un plus grand amour s'élèvera. Il rira au soleil et il sera immortel."
Gibran Khalil Gibran
Les enfants du Prophète
Oeuvre anglaise traduite
"LE PRECURSEUR"
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| mardi 10 novembre 2009, a 15:43 |
| Satan. 9 |

Baissez la tête à présent, et exhortez de tout votre coeur le dieu de la nuit à vaincre son ennemi, qui est aussi notre ennemi mortel."
La Wiss continua de parler ainsi, se servant de nombreux mots ésotériques de sa propre invention qu'ils n'avaient jamais entendus auparavant. Après cette description rusée, tandis que la lune retrouvait sa gloire antérieure.
La Wiss éleva encore plus fort la voix et dit d'une manière impressionnante : "Levez-vous maintenant, et regardez le dieu de la nuit qui a triomphé de son ennemi maléfique.
Il reprend son voyage parmi les étoiles. Sachez qu'avec vos prières vous l'avez aidé à triompher du démon de l'obscurité. Il est bien content maintenant, et plus brillant que jamais.
Khalil Gibran, Satan
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| mardi 10 novembre 2009, a 15:24 |
| Les ailes brisées. 27 |

Au Liban, aucun chrétien ne peut s'opposer à son évêque et continuer d'occuper une bonne place. Aucun homme ne peut désobéir à son chef religieux et conserver sa réputation. L'oeil ne peut résister à une lance sans être transpercé, et la main ne peut saisir une épée sans être tranchée.
Supposons que Farris Effendi ait résisté à l'évêque, et refusé d'accéder à son désir, alors la réputation de Selma eût êté ruiné et son nom aurait été souillé. Pour le renard, le raisin qu'il ne peut attraper sur les plus hautes branches est sur.
Ainsi la destinée s'empara-t-elle de Selma et la mena-t-elle comme une esclave humiliée dans le cortège des femmes orientales malheureuses, ainsi ce noble esprit tomba-t-il dans le piège après avoir volé librement sur les ailes blanches de l'amour dans un ciel de clair de lune empreint de l'odeur des fleurs.
Khalil Gibran, Les ailes brisées
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| Présentation |  L'Amour est un trésor précieux, c'est le don de Dieu aux âmes sensibles et élevées.
Khalil Gibran
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