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  <title>Khalil Gibran et Moi</title>
  <description>Khalil Gibran et Moi</description>
  <language>fr-FR</language>
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   <title>Esprits rebelles. 3</title>
   <description><![CDATA[ &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 

&nbsp;

&nbsp;

&nbsp;

Madame Rose Hanie - 3

&nbsp;

&nbsp;

&nbsp;

Il me regarda d'un air piteux, comme si j'avais fait revivre en lui les

lointains souvenirs de jours heureux. D'une voix afflig&eacute;e et

entrecoup&eacute;e, il me r&eacute;pondit :

&nbsp;

&nbsp;

&nbsp;

"Quand quelqu'un perd un ami, il se console avec tous ses autres

amis, et s'il perd son or, il r&eacute;fl&eacute;chit un moment et oublie tous ses

malheurs, en particulier s'il se trouve en bonne sant&eacute; et plein

d'ardeur. Mais quand un homme perd le bien-&ecirc;tre de son coeur, o&ugrave;

peut-il trouver du r&eacute;confort, et par quoi peut-il le remplacer ? Quel

esprit peut le ma&icirc;triser ? Quand la mort frappe tout pr&egrave;s, tu

souffres. Mais chaque jour et chaque matin, tu sens la caresse

des doigts tendres de la vie ; alors tu souris et te r&eacute;jouis.

&nbsp;

&nbsp;

Le destin arrive soudain, apportant avec lui son lot de soucis, il te

regarde de ses horribles yeux et te saisit &agrave; la gorge de ses doigts

effil&eacute;s, il te jette &agrave; terre et te pi&eacute;tine d'un talon de fer, puis il rit et

s'en repart, mais il regrette bient&ocirc;t ce qu'il a fait et te demande de

lui pardonner en te faisant go&ucirc;ter &agrave; la f&eacute;licit&eacute;. Il te tend sa main

gant&eacute;e de soie et t'&eacute;l&egrave;ve, il te chante la chanson de l'Espoir et te

pousse &agrave; oublier tes tracas.

...

Khalil Gibran

&nbsp;

&nbsp;

&nbsp;
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   <link>http://souffledemots.blog.mongenie.com/index/p/2009/12/894083</link>
   <author>Souffledemots</author>
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  <pubDate>Sun, 06 Dec 2009 08:18:39 +0100</pubDate>
  </item><item>
   <title>L&#039;Aveugle. 4</title>
   <description><![CDATA[ &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 

&nbsp;

&nbsp;

&nbsp;

&nbsp;

David :

&nbsp;

Continue Anna, raconte-moi la suite.

&nbsp;

&nbsp;

&nbsp;

Anna :

&nbsp;

Alors on m'a band&eacute; les yeux, et j'ai demand&eacute; aux filles de venir

s'asseoir &agrave; tour de r&ocirc;le pr&egrave;s de moi, comme je suis assise l&agrave;,

maintenant. Elles l'ont fait, et c'&eacute;tait dans le silence parfait. A

chaque fois que l'une d'entre elles s'asseyait pr&egrave;s de moi, je lui

touchais le visage avec mes doigts, commen&ccedil;ant par le front, puis

les yeux, les joues, la bouche et le menton. Tout de suite, je

devinais qui c'&eacute;tait. Je m'&eacute;tais jamais tromp&eacute;e, jamais.

&nbsp;

&nbsp;

David :

&nbsp;

Ah, enfant de mon coeur !

&nbsp;

&nbsp;

&nbsp;

Anna :

&nbsp;

Mais p&egrave;re, ce n'&eacute;tait pas tout. Il y avait quelque chose encore plus

merveilleux ; quelque chose qui allait droit dans mon coeur, au

moment o&ugrave; je touchais leur visage, les yeux band&eacute;s.

Jamais auparavant je ne me suis sentie si bien, si affectueuse, si

tendre. J'ai aim&eacute; ces filles mille fois plus que je ne les ai jamais

aim&eacute;es auparavant. Et j'ai senti qu'elles m'aimaient plus; tout &eacute;tait

&eacute;trange et doux.

Ce soir-l&agrave;, j'ai su pour la premi&egrave;re fois comme tu es beau. Et

quelque chose me disait que les autres te connaissaient et

t'aimaient. Quand elles m'ont d&eacute;couvert les yeux, je les ai

regard&eacute;es et leur visage &eacute;tait diff&eacute;rent. C'&eacute;tait comme si j'avais eu

une vision. Par la suite, on n'a plus jou&eacute;. On s'est assises

ensemble et on a parl&eacute; calmement. On &eacute;tait comme sept petites

soeurs et chacune d'entre nous voulait en &ecirc;tre la m&egrave;re.

&nbsp;

&nbsp;

&nbsp;

David :

&nbsp;

(Apr&egrave;s un long silence, il lui prend la mains et l'embrasse).

Mon enfant, mon enfant ch&eacute;rie, lorsque Dieu a pris ma vue et qu'Il

m'a donn&eacute; ta pr&eacute;sence. Dieu a &eacute;t&eacute; mis&eacute;ricordieux envers moi.

&nbsp;

Anna :

&nbsp;

(Se levant pour s'asseoir pr&egrave;s de David.)

Dieu a &eacute;t&eacute; bon envers moi, quand Il m'a donn&eacute; ta pr&eacute;sence.

&nbsp;

&nbsp;

David :

&nbsp;

(Embrasse son front ; puis il lui prend la main et, avec le bout de

ses doigts, il se frotte les yeux &eacute;teints.)

Ma tendre fille, ma petite Anna !

(David et Anna demeurent silencieux)

(Helen entre en sc&egrave;ne, elle regarde David et Anna, un moment.

Elle est d&eacute;rang&eacute;e et troubl&eacute;e, mais essaie de rester calme

d'apparence. Elle traverse la pi&egrave;ce en se retournant deux &agrave; trois

fois vers eux.)

&nbsp;

&nbsp;

&nbsp;

Anna :

&nbsp;

Oh m&egrave;re, tu es l&agrave; !

&nbsp;

&nbsp;

&nbsp;

Helen :

&nbsp;

(D'un ton s&eacute;v&egrave;re)

Oui, je suis l&agrave;.

&nbsp;

David :

&nbsp;

Il doit &ecirc;tre tard, Helen, n'est-ce pas ?

&nbsp;

&nbsp;

&nbsp;

Helen :

&nbsp;

Oui, il est tard (s'adressant &agrave; Anna). Viens l&agrave;, je ne vois pas

pourquoi tu es encore ici &agrave; une heure pareille. Pourquoi n'es-tu

pas dans ton lit ?

&nbsp;

&nbsp;

&nbsp;

David : 

&nbsp;

Il neige encore Helen, n'est-ce pas ?

&nbsp;

&nbsp;

&nbsp;

Helen :

&nbsp;

Oui, c'est une forte temp&ecirc;te. S'il continue de neiger ainsi toute la

nuit, il n'y aura aucun moyen de sortir de cette maison, demain.

&nbsp;

Le Fou :

&nbsp;

Mais cette temp&ecirc;te loyale. Elle brisera toutes les mauvaises

branches et elle enterrera toutes les choses mortes dans la for&ecirc;t.

&nbsp;

&nbsp;

(Helen se dirige vers la fen&ecirc;tre et regarde dehors. Puis elle se

retourne brusquement et regarde David et Anna avec impatience)

&nbsp;

&nbsp;

&nbsp;

&nbsp;

Khalil Gibran

&nbsp;

&nbsp;

&nbsp;
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   <link>http://souffledemots.blog.mongenie.com/index/p/2009/12/894080</link>
   <author>Souffledemots</author>
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  <pubDate>Sun, 06 Dec 2009 07:48:22 +0100</pubDate>
  </item><item>
   <title>Les Dieux de la terre. 8</title>
   <description><![CDATA[ &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 

&nbsp;

&nbsp;

&nbsp;

Deuxi&egrave;me Dieu :

(n'&eacute;coutant toujours pas)

&nbsp;

&nbsp;

... La volont&eacute; qu'il annonce est la n&ocirc;tre

Et la souverainet&eacute; qu'il proclame est la n&ocirc;tre,

Ses courants parcourus par l'amour sont des rivi&egrave;res

qui se jettent dans la mer de nos d&eacute;sirs.

Au-dessus des hauteurs dans le sommeil de l'homme nous

r&ecirc;vons nos r&ecirc;ves.

Nous exhortons ses jours &agrave; quitter la vall&eacute;e des cr&eacute;puscules

Et &agrave; chercher leur pl&eacute;nitude au-dessus des collines.

Nos mains dirigent les temp&ecirc;tes qui balaient le monde

Et invitent l'homme &agrave; quitter la paix st&eacute;rile pour entamer la lutte

fertile

Et atteindre au triomphe.

Il y a dans nos yeux la vision qui change l'&acirc;me de l'homme en

flamme

Et l'incite &agrave; la solitude exalt&eacute;e, &agrave; la proph&eacute;tie rebelle

Et &agrave; la crucifixion.

L'homme est n&eacute; pour l'esclavage.

Et son honneur et sa r&eacute;compense sont dans l'esclavage,

Dans l'homme nous cherchons une embouchure,

Et dans sa vie notre propre accomplissement.

Quel coeur fera &eacute;cho &agrave; notre voix si le coeur humain est &eacute;touff&eacute; par

la poussi&egrave;re ?

Qui verra notre rayonnement si l'oeil de l'homme est aveugl&eacute; par la

nuit ?

Et que voudrais-tu faire de l'homme, enfant de notre coeur originel,

notre propre image ?

Troisi&egrave;me Dieu :

&nbsp;

&nbsp;

Fr&egrave;res, mes fr&egrave;res tout-puissants,

Les pieds de la danseuse sont ivres de chansons,

Ils font palpiter l'air,

Et comme des colombes ses mains volent.

Khalil Gibran

&nbsp;

&nbsp;

&nbsp;
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   <link>http://souffledemots.blog.mongenie.com/index/p/2009/12/894007</link>
   <author>Souffledemots</author>
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  <pubDate>Sat, 05 Dec 2009 19:17:22 +0100</pubDate>
  </item><item>
   <title>Les Dieux de la terre. 7</title>
   <description><![CDATA[ &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 

&nbsp;

&nbsp;

&nbsp;

&nbsp;

Deuxi&egrave;me Dieu :

(n'&eacute;coutant toujours pas)

&nbsp;

&nbsp;

&nbsp;

L'abeille bourdonne durement dans tes oreilles,

Et le miel est r&eacute;pugnant &agrave; tes l&egrave;vres.

J'aimerais bien te consoler,

Mais comment y parviendrais-je ?

Seul l'ab&icirc;me &eacute;coute quand les dieux appellent les dieux,

Car le gouffre entre les divinit&eacute;s est infini,

Et l'espace est immobile.

J'aimerais n&eacute;anmoins te r&eacute;conforter.

Apaiser tes cieux nuageux ;

Et bien que nous soyons &eacute;gaux en puissance et en discernement,

Je veux te conseiller.

Quand du chaos surgit la terre, et que, fils du commencement,

nous nous sommes aper&ccedil;us les uns les autres dans la lumi&egrave;re,

nous avons balbuti&eacute; le premier son &eacute;touff&eacute;, tremblotant qui anima

les courants dans les airs et les mers.

Puis, nous avons march&eacute;, mains dans la main, par-dessus le

jeune monde gris, et de l'&eacute;cho de nos premiers pas lascifs naquit

le temps, une quatri&egrave;me divinit&eacute;, qui&nbsp; pose ses pieds dans nos

empreintes, ombrageant nos pens&eacute;es et nos d&eacute;sirs, et que seuls

voient nos yeux.

Puis sur la terre vint la vie, et &agrave; la vie vint l'esprit, la m&eacute;lodie ail&eacute;e

de l'univers. Et nous avons r&eacute;gi la vie et l'esprit et nul autre que

nous ne connaissait l'&eacute;chelle du&nbsp;temps ni le poids des r&ecirc;ves

n&eacute;buleux des ans, jusqu'&agrave; ce que, &agrave; l'apog&eacute;e de la septi&egrave;me

&eacute;ternit&eacute;, nous donnions la mer en mariage au soleil.

Et de l'extase profonde de leur chambre nuptiale, nous avons fait

na&icirc;tre l'homme, une cr&eacute;ature qui, bien que molle et infirme, porte

toujours la marque de sa filiation.

A travers l'homme qui foule la terre et le regard sondant le

firmament, nous trouvons des sentiers qui m&egrave;nent aux r&eacute;gions les

plus lointaines de la terre ; de l'homme, humble roseau poussant

pr&egrave;s des eaux sombres, nous faisons une fl&ucirc;te et par le coeur

&eacute;vid&eacute; de cet instrument nous r&eacute;pandons notre voix sur le monde

li&eacute; au silence.

Du nord d&eacute;pourvu de soleil au sable br&ucirc;l&eacute; par le soleil du sud,

Du pays du lotus o&ugrave; naissent les jours

Aux &icirc;les p&eacute;rilleuses o&ugrave; les jours se meurent,

L'homme, au coeur affaibli, enhardi par notre dessein, 

S'aventure avec lyre et glaive.

...

&nbsp;

&nbsp;

Khalil Gibran

&nbsp;

&nbsp;

&nbsp;
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   <link>http://souffledemots.blog.mongenie.com/index/p/2009/12/894006</link>
   <author>Souffledemots</author>
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  <pubDate>Sat, 05 Dec 2009 19:01:55 +0100</pubDate>
  </item><item>
   <title>Le Précurseur. 9</title>
   <description><![CDATA[ &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 

&nbsp;

&nbsp;

&nbsp;

La Tyrannie

&nbsp;

&nbsp;

&nbsp;

Le Dragon femelle qui prot&egrave;ge les sept grottes pr&egrave;s de la mer

chante ainsi :

&nbsp;

&nbsp;

"Mon m&acirc;le va venir en chevauchant les vagues. Son rugissement

de tonnerre va remplir la terre de peur, et les flammes de ses

narines vont mettre le feu au ciel. 

A l'&eacute;clipse de la lune nous allons nous marier, et &agrave; l'&eacute;clipse du

soleil je vais enfanter un saint Georges, qui me tuera."

&nbsp;

&nbsp;

C'est ainsi que chante le Dragon femelle qui garde les sept grottes

pr&egrave;s de la mer.

Khalil Gibran

&nbsp;

&nbsp;

&nbsp;
 ]]></description>
   <link>http://souffledemots.blog.mongenie.com/index/p/2009/12/893988</link>
   <author>Souffledemots</author>
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  <pubDate>Sat, 05 Dec 2009 18:02:35 +0100</pubDate>
  </item><item>
   <title>Les cendres du passé. 9</title>
   <description><![CDATA[ &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 

&nbsp;

&nbsp;

Jean le Fou - 9

&nbsp;

&nbsp;

P&acirc;ques arriva, et &agrave; cette &eacute;poque la construction d'une nouvelle

&eacute;glise dans la ville de B&eacute;charr&eacute; venait juste d'&ecirc;tre achev&eacute;e. Ce

magnifique lieu de culte ressemblait au palais d'un prince au

milieu des huttes de ses pauvres sujets. Les gens vaquaient aux

nombreux pr&eacute;paratifs pour accueillir un pr&eacute;lat qui avait &eacute;t&eacute; d&eacute;sign&eacute;

pour officier aux c&eacute;r&eacute;monies religieuses c&eacute;l&eacute;brant l'inauguration

du nouveau temple.

Les foules se tenaient&nbsp; en rang sur les routes dans l'attente de

l'arriv&eacute;e de Son Eminence. Le chant des pr&ecirc;tres &agrave; l'unisson avec le

bruit des cymbales et les hymnes des foules remplissait le ciel.

Le pr&eacute;lat finit par arriver, chevauchant un magnifique &eacute;talon

harnach&eacute; avec une selle clout&eacute;e d'or, et quand il descendit, pr&ecirc;tres

et dirigeants politiques l'accueillirent avec les plus beaux discours

de bienvenue qui soient. Il fut escort&eacute; jusqu'au nouvel autel, o&ugrave; il

rev&ecirc;tit les habits eccl&eacute;siastiques, d&eacute;cor&eacute;s de fils d'or et incrust&eacute;s

de gemmes chatoyants.

Coiff&eacute; d'une couronne d'or, il fit en procession le tour de l'autel, en

tenant sa crosse orn&eacute;e de pierres pr&eacute;cieuses. Il &eacute;tait suivi par les

pr&ecirc;tres, ceux qui portaient les cierges et qui br&ucirc;laient l'encens.

A cette heure-l&agrave;, Jean se trouvait parmi les fellahin au porche,

contemplant la sc&egrave;ne les yeux pleins de chagrin et poussant des

soupirs amers, car cela le d&eacute;solait de voir ces parures on&eacute;reuses,

la couronne pr&eacute;cieuse, la crosse, les vases et autres objets au

faste inutile, tandis que les pauvres fellahin qui venaient des

villages voisins pour f&ecirc;ter cet &eacute;v&eacute;nement connaissaient les affres

taraudantes de la pauvret&eacute;. Leurs habits en haillons et leurs

visages tristes attestaient leur condition mis&eacute;reuse.

...

Khalil Gibran

&nbsp;

&nbsp;
 ]]></description>
   <link>http://souffledemots.blog.mongenie.com/index/p/2009/12/893980</link>
   <author>Souffledemots</author>
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  <pubDate>Sat, 05 Dec 2009 17:32:55 +0100</pubDate>
  </item><item>
   <title>Les cendres du passé. 8</title>
   <description><![CDATA[ 

&nbsp;

&nbsp;

&nbsp;

Jean le Fou - 8

&nbsp;

&nbsp;

&nbsp;

Les parents de Jean furent inform&eacute;s de son incarc&eacute;ration et de la

confiscation des boeufs. Sa vieille m&egrave;re se rendit au monast&egrave;re

lourdement courb&eacute;e sur son b&acirc;ton de marche, se prosterna

devant le p&egrave;re sup&eacute;rieur, embrassant ses pieds et implorant sa

piti&eacute; pour son fils unique.

&nbsp;

Le p&egrave;re sup&eacute;rieur leva la t&ecirc;te respectueusement vers les cieux et

dit : "Nous pardonnerons sa folie &agrave; ton fils mais saint Elie ne

pardonnera pas quiconque a p&eacute;n&eacute;tr&eacute; sur ses terres." Apr&egrave;s l'avoir

regard&eacute; de ses yeux embu&eacute;s de larmes la vieille dame prit un

m&eacute;daillon d'argent &agrave; son cou et lui tendit, en disant : "C'est mon

bien le plus pr&eacute;cieux, qui me fut donn&eacute; comme cadeau de mariage

par ma m&egrave;re ... Voulez-vous bien l'accepter comme r&eacute;paration pour

le p&eacute;ch&eacute; de mon fils ?".

&nbsp;

Le p&egrave;re sup&eacute;rieur prit le m&eacute;daillon et le mit dans sa poche, apr&egrave;s

quoi, il regarda la tr&egrave;s vieille m&egrave;re de Jean qui lui embrassait les

mains et lui manifestait sa reconnaissance et sa gratitude et il lui

dit : "Malheur &agrave; cette g&eacute;n&eacute;ration p&eacute;cheresse ! Vous d&eacute;tournez les

paroles du Livre saint et vos enfants se trouvent oblig&eacute;s de se

nourrir d'aliments aigres, tandis que les dents des a&icirc;n&eacute;s mordent

dans le vide. Allez, va, brave femme, et prie Dieu pour ton fils fou et

demande-Lui de lui rendre ses esprits."

&nbsp;

&nbsp;

Jean quitta la prison et marcha paisiblement &agrave; c&ocirc;t&eacute; de sa m&egrave;re,

menant les boeufs devant lui. Quand ils parvinrent &agrave; leur

mis&eacute;rable masure, il conduisit les animaux &agrave; leur mangeoire et

s'assit silencieusement pr&egrave;s de la fen&ecirc;tre, regardant, songeur, le

cr&eacute;puscule. Quelques instants apr&egrave;s, il entendit son p&egrave;re

murmurer &agrave; sa m&egrave;re : " Sara, plus d'une fois je t'ai dit que Jean

&eacute;tait fou, et tu ne me croyais pas. D&eacute;sormais tu seras d'accord

avec moi apr&egrave;s tout ce que tu as vu, car le p&egrave;re sup&eacute;rieur t'a parl&eacute;

aujourd'hui et ta dit les mots m&ecirc;mes que je t'avais dit durant toutes

ces ann&eacute;es."

&nbsp;

&nbsp;

Jean continua de scruter l'horizon lointain, contemplant le soleil qui

se couchait.

...

Khalil Gibran

&nbsp;

&nbsp;

&nbsp;
 ]]></description>
   <link>http://souffledemots.blog.mongenie.com/index/p/2009/12/893722</link>
   <author>Souffledemots</author>
   <guid isPermaLink="true">http://souffledemots.blog.mongenie.com/index/p/2009/12/893722</guid>
  <pubDate>Fri, 04 Dec 2009 19:32:50 +0100</pubDate>
  </item><item>
   <title>Les Dieux de la terre. 6</title>
   <description><![CDATA[ 

&nbsp;

&nbsp;

&nbsp;

&nbsp;

Premier Dieu :

&nbsp;

&nbsp;

Oui l'homme est de la chair pour les dieux !

Et tout ce qui est homme viendra sur la terre &eacute;ternelle des dieux !

La douleur de la grossesse et l'agonie de l'enfantement,

Le cri aveugle de l'enfant qui perce la nuit ne,

Et l'angoisse de la m&egrave;re luttant avec le sommeil auquel elle aspire,

Pour &eacute;couler la vie &eacute;reint&eacute;e de son sein ;

Le souffle ardent de la jeunesse tourment&eacute;e,

Et les lourds sanglots de la passion qui n'a servi &agrave; rien ;

Les fronts ruisselants de l'&acirc;ge d'homme labourant la terre aride,

Et le regret de la p&acirc;le vieillesse quand la vie contre la volont&eacute;

m&ecirc;me de la vie 

Aspire &agrave; la tombe.

Sachez-le, c'est cela l'homme !

Une cr&eacute;ature engendr&eacute;e par la faim est devenue nourriture pour

des dieux affam&eacute;s.

Une vigne qui grimpe dans la poussi&egrave;re sous les pieds de la mort

imp&eacute;rissable.

La fleur qui fleurit les nuits d'ombres mauvaises ;

Le raisin des jours fun&egrave;bres, des jours de terreur et de honte.

Et tu voudrais malgr&eacute; tout que je mange et boive.

Tu voudrais m'obliger &agrave; m'asseoir parmi des visages ensevelis,

A puiser ma vie dans des l&egrave;vres pierreuses

Et recevoir mon &eacute;ternit&eacute; des mains fl&eacute;tries.

&nbsp;

&nbsp;

&nbsp;

&nbsp;

&nbsp;

Troisi&egrave;me Dieu :

&nbsp;

&nbsp;

Fr&egrave;res, mes fr&egrave;res redout&eacute;s,

Le jeune homme chante &agrave; n'en plus finir,

Et trois plus haute est sa chanson.

Sa voix agite la for&ecirc;t,

Perce le ciel,

Et dissipe la somnolence de la terre.

...

Khalil Gibran

&nbsp;

&nbsp;

&nbsp;

&nbsp;
 ]]></description>
   <link>http://souffledemots.blog.mongenie.com/index/p/2009/12/893515</link>
   <author>Souffledemots</author>
   <guid isPermaLink="true">http://souffledemots.blog.mongenie.com/index/p/2009/12/893515</guid>
  <pubDate>Fri, 04 Dec 2009 06:21:19 +0100</pubDate>
  </item><item>
   <title>Le Précurseur. 8</title>
   <description><![CDATA[ 

&nbsp;

&nbsp;

&nbsp;

La fille du Lion

&nbsp;

&nbsp;

&nbsp;

Quatre esclaves &eacute;ventaient une vieille reine qui dormait sur son

tr&ocirc;ne. Et elle ronflait. Sur les genoux de la reine, un chat se

blottissait tout en ronronnant et regardant avec indolence les

esclaves.

&nbsp;

Le premier esclave parla et dit : "Comme elle est laide cette vieille

dame dans son sommeil. Regardez sa bouche qui tombe ; et elle

respire, comme si le d&eacute;mon l'&eacute;tranglait."

&nbsp;

&nbsp;

Puis le chat dit en ronronnant : "Sa laideur dans son sommeil est &agrave;

moiti&eacute; moindre que la v&ocirc;tre, dans votre esclavage r&eacute;veill&eacute;."

&nbsp;

&nbsp;

Le deuxi&egrave;me esclave dit : "Je croyais que le sommeil pourrait

adoucir ses rides au lieu de les endurcir. Elle doit r&ecirc;ver de quelque

chose de mauvais."

&nbsp;

&nbsp;

Et le chat ronronna : "Si vous pouviez dormir vous aussi et r&ecirc;ver de

votre libert&eacute; !".

Le troisi&egrave;me esclave dit : "Peut-&ecirc;tre voit-elle le cort&egrave;ge de tous

ceux qu'elle a tu&eacute;s."

&nbsp;

&nbsp;

Et le chat ronronna : "Oui, elle voit le cort&egrave;ge de vos anc&ecirc;tres et de

vos descendants."

&nbsp;

&nbsp;

Le quatri&egrave;me esclave dit : "C'est bien de parler d'elle, mais cela ne

me rendra pas moins fatigu&eacute; de rester debout et d'&eacute;venter."

&nbsp;

&nbsp;

Et le chat ronronna : "Vous &eacute;venterez pour toute l'&eacute;ternit&eacute; ; car il est

sur la terre, comme il est dans le ciel."

&nbsp;

&nbsp;

A ce moment-l&agrave;, la vieille reine inclina la t&ecirc;te, laissant choir sa

couronne.

L'un des esclaves dit : "C'est un mauvais pr&eacute;sage."

&nbsp;

&nbsp;

Et le chat ronronna : "Le mauvais pr&eacute;sage des uns fait le bon

pr&eacute;sage des autres."

&nbsp;

&nbsp;

Le deuxi&egrave;me esclave dit : "Et si elle se r&eacute;veille et voit sa couronne

tomb&eacute;e ? S&ucirc;rement qu'elle nous tuera."

&nbsp;

&nbsp;

Et le chat ronronna : "Chaque jour depuis votre naissance elle

vous a tu&eacute;s et vous ne le savez pas."

&nbsp;

&nbsp;

Le troisi&egrave;me esclave dit : "Oui, elle nous tuerait et elle

consid&eacute;rerait cela comme un sacrifice aux dieux."

&nbsp;

&nbsp;

Et le chat ronronna : "Seuls les faibles sont sacrifi&eacute;s aux dieux."

&nbsp;

&nbsp;

Le quatri&egrave;me esclave fit taire les autres, tout doucement, il prit la

couronne pour la remettre sur la t&ecirc;te de la vieille reine sans la

r&eacute;veiller.

&nbsp;

&nbsp;

Et le chat ronronna : "Seul l'esclave restitue une couronne tomb&eacute;e."

&nbsp;

&nbsp;

Un moment plus tard, la vieille reine se r&eacute;veilla et regarda autour

d'elle en baillant. Puis elle dit : "Il me semble avoir r&ecirc;v&eacute; de quatre

chenilles chass&eacute;es par un scorpion autour du tronc d'un vieux

ch&ecirc;ne. Je n'aime pas mon r&ecirc;ve."

&nbsp;

&nbsp;

Puis elle referma les yeux et se rendormit. Et elle ronfla. Les quatre

esclaves continu&egrave;rent de l'&eacute;venter.

Et le chat ronronna : "Eventez, &eacute;ventez encore, &ocirc; stupides ! Vous

n'&eacute;ventez que le feu qui vous consume."

&nbsp;

&nbsp;

&nbsp;

&nbsp;

Khalil Gibran

&nbsp;

&nbsp;

&nbsp;
 ]]></description>
   <link>http://souffledemots.blog.mongenie.com/index/p/2009/12/893382</link>
   <author>Souffledemots</author>
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  <pubDate>Thu, 03 Dec 2009 20:11:52 +0100</pubDate>
  </item><item>
   <title>Esprits rebelles. 2</title>
   <description><![CDATA[ &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 

&nbsp;

&nbsp;

&nbsp;

Madame Rose Hanie - 2

&nbsp;

&nbsp;

&nbsp;

Il ne pr&ecirc;tait jamais l'oreille aux d&eacute;sirs de son coeur, mais

s'appliquait &agrave; ob&eacute;ir aux voix de ceux qui l'entouraient. Il s'amusait

avec des objets chatoyants qui, en les aveuglant, dissimulaient &agrave;

ses yeux et &agrave; son coeur les secrets de la vie ; son &acirc;me se

d&eacute;tournait de la compr&eacute;hension des lois de la nature pour go&ucirc;ter &agrave;

des plaisirs &eacute;ph&eacute;m&egrave;res.

&nbsp;

&nbsp;

C'&eacute;tait un de ces hommes qui s'empressait d'exprimer son amour

ou son d&eacute;go&ucirc;t des hommes, puis regrettait trop tardivement

l'impulsivit&eacute; de ses sentiments, de sorte qu'il devenait la cible de

la honte et du sarcasme, au lieu du pardon ou de l'indulgence.

&nbsp;

Telles furent les caract&eacute;ristiques qui incit&egrave;rent Rashid Bey

Namaan &agrave; &eacute;pouser Rose Hanie bien avant que leurs &acirc;mes se

rejoignent dans l'ombre de l'authentique amour qui rend une union

idyllique.

&nbsp;

Apr&egrave;s quelques ann&eacute;es d'absence, je retournai &agrave; Beyrouth. En

rendant visite &agrave; Rashid, je le trouvai p&acirc;le et amaigri. Le spectre

d'une am&egrave;re d&eacute;ception voilait son visage ; ses yeux afflig&eacute;s

r&eacute;v&eacute;laient son coeur bris&eacute; et son &acirc;me m&eacute;lancolique. 

&nbsp;

&nbsp;

J'&eacute;tais curieux de trouver la cause de son malheur ; partant, je

n'h&eacute;sitai pas &agrave; lui demander des explications : "Que t'est-il arriv&eacute;,

Rashid ? O&ugrave; sont le sourire radieux et le visage heureux qui

t'accompagnaient depuis l'enfance ? La mort t'a-t-elle pris un ami

cher ? Ou un coup du sort t'a-t-il d&eacute;rob&eacute; l'argent que tu avais

amass&eacute; aux beaux jours ? Au nom de notre amiti&eacute;, dis-moi ce qui

est cause de la tristesse de ton coeur et de la faiblesse de ton

corps ?".

...

&nbsp;

Khalil Gibran

&nbsp;

&nbsp;

&nbsp;

&nbsp;
 ]]></description>
   <link>http://souffledemots.blog.mongenie.com/index/p/2009/12/893376</link>
   <author>Souffledemots</author>
   <guid isPermaLink="true">http://souffledemots.blog.mongenie.com/index/p/2009/12/893376</guid>
  <pubDate>Thu, 03 Dec 2009 19:54:53 +0100</pubDate>
  </item><item>
   <title>Les cendres du passé. 7</title>
   <description><![CDATA[ 

&nbsp;

&nbsp;

&nbsp;

Jean le Fou - 7

&nbsp;

&nbsp;

&nbsp;

Jean prit une profonde respiration, puis, d'une voix calme, il ajouta :

"Vous &ecirc;tes nombreux, et suis seul - vous pouvez me faire ce que

vous voulez. Les loups attaquent l'agneau dans les t&eacute;n&egrave;bres de la

nuit, mais les taches de sang restent sur les pierres dans la vall&eacute;e

jusqu'&agrave; ce que vienne l'aube, et le soleil r&eacute;v&egrave;le le crime &agrave; tout le

monde."

&nbsp;

Il y avait un pouvoir magique dans les propos de Jean, qui retint

leur attention et f&icirc;t na&icirc;tre une col&egrave;re d&eacute;fensive dans le coeur des

moines. Ils &eacute;taient d&eacute;vor&eacute;s par la fureur et attendaient juste l'ordre

de leur sup&eacute;rieur pour tomber sur Jean et l'obliger &agrave; se soumettre.

Le bref silence qui se fit alors &eacute;tait pareil au calme lourd de la

temp&ecirc;te apr&egrave;s qu'elle a ruin&eacute; les jardins.

Le p&egrave;re sup&eacute;rieur ordonna alors aux moines : "Ligotez ce criminel,

prenez-lui le Livre et mettez-le dans une cellule obscure, car celui

qui blasph&egrave;me les saints repr&eacute;sentants de Dieu ne sera jamais

pardonn&eacute; sur cette terre, ni dans l'Eternit&eacute;." Les moines se jet&egrave;rent

sur Jean, le conduisirent menott&eacute; dans une ge&ocirc;le &eacute;troite et l'y

enferm&egrave;rent.

&nbsp;

Le courage dont avait fait montre Jean ne pouvait &ecirc;tre per&ccedil;u ni

compris par celui qui participe &agrave; la soumission, au mensonge ou

&agrave; la tyrannie de ce pays asservi, que les 0rientaux appellent "La

Fianc&eacute;e de la Syrie" et "Le Perle de la Couronne du Sultan".

&nbsp;

Dans sa cellule, Jean pensait &agrave; la mis&egrave;re inutile qui s'abattait sur

ses compatriotes et r&eacute;sultait de ce qu'il venait juste d'apprendre. Il

sourit, en &eacute;prouvant une compassion attrist&eacute;e, et son sourire &eacute;tait

m&ecirc;l&eacute; de souffrance et d'amertume, le genre de sourire qui p&eacute;n&egrave;tre

jusque dans les profondeurs du coeur, le genre de sourire qui

plonge l'&acirc;me dans une&nbsp;inanit&eacute; suffocante, le genre de sourire qui,

s'il reste sans soutien, s'&eacute;l&egrave;ve jusqu'aux yeux avant de retomber

d&eacute;sesp&eacute;r&eacute;ment.

Jean se dressa fi&egrave;rement et regarda par une fente du mur la vall&eacute;e

baign&eacute;e de soleil. Il eut le sentiment qu'une joie spirituelle

s'emparait de son &acirc;me et qu'une douce qui&eacute;tude envahissait son

coeur. Ils avaient emprisonn&eacute; son corps, mais son esprit voguait

librement avec la brise parmi les collines et les prairies.

Son amour pour J&eacute;sus ne changerait jamais et les terres tortur&eacute;es

ne pouvaient &ocirc;ter la paix nich&eacute;e dans son coeur, car la pers&eacute;cution

ne peut blesser celui qui se tient aux c&ocirc;t&eacute;s de la V&eacute;rit&eacute;. Socrate

n'est-pas tomb&eacute; fi&egrave;rement comme une victime corporelle ? Paul

n'a-t-il pas &eacute;t&eacute; lapid&eacute; pour le bien de la V&eacute;rit&eacute; ? C'est notre &ecirc;tre

int&eacute;rieur qui nous blesse quand nous d&eacute;sob&eacute;issons et qui nous

tue quand nous trahissons.

...

Khalil Gibran

&nbsp;

&nbsp;

&nbsp;
 ]]></description>
   <link>http://souffledemots.blog.mongenie.com/index/p/2009/12/893358</link>
   <author>Souffledemots</author>
   <guid isPermaLink="true">http://souffledemots.blog.mongenie.com/index/p/2009/12/893358</guid>
  <pubDate>Thu, 03 Dec 2009 19:07:18 +0100</pubDate>
  </item><item>
   <title>Les Dieux de la terre. 5</title>
   <description><![CDATA[ 

&nbsp;

&nbsp;

&nbsp;

Deuxi&egrave;me Dieu :

&nbsp;

&nbsp;

Nous avons plant&eacute; l'homme, qui est notre vigne, et labour&eacute; le sol

Dans la brume pourpre de la premi&egrave;re aurore.

Nous avons vu pousser les branches amaigries,

Et tout au long de ces ann&eacute;es sans saison

Nous avons nourri les jeunes pousses.

Nous avons prot&eacute;g&eacute; le bourgeon des &eacute;l&eacute;ments d&eacute;cha&icirc;n&eacute;s

Et nous avons d&eacute;fendu la fleur contre les esprits malins.

Et maintenant que notre vigne&nbsp;a donn&eacute; du raisin

Tu refuses de la cueillir pour le mener au pressoir et remplir la

coupe.

Quelle main plus puissante que la tienne va cueillir le fruit ?

Et quelle noble fin que ta soif attende le vin ?

L'homme est la nourriture des dieux.

Et la gloire de l'homme commence

Quand son souffle inutile est aspir&eacute; par les l&egrave;vres sanctifi&eacute;es des

dieux.

Tout ce qui est humain est n&eacute;ant s'il ne reste qu'humain ;

L'innocence de l'enfance et la douce joie de la jeunesse,

La col&egrave;re de la maturit&eacute; et la sagesse de la vieillesse ;

La splendeur des rois et le triomphe des guerriers.

Le renom des po&egrave;tes et l'honneur des r&ecirc;veurs et des saints ;

Tout ceci et tout ce que cela suppose est du pain pour les dieux.

Et ce ne sera que du mauvais pain si les dieux ne le portent pas &agrave;

leurs bouches.

Et tout comme le raisin muet se change en chansons d'amour

quand le rossignol le mange, 

Et &eacute;tant le pain des dieux l'homme &eacute;prouvera la divinit&eacute;.

&nbsp;

&nbsp;

...

Khalil Gibran

&nbsp;

&nbsp;

&nbsp;
 ]]></description>
   <link>http://souffledemots.blog.mongenie.com/index/p/2009/12/892917</link>
   <author>Souffledemots</author>
   <guid isPermaLink="true">http://souffledemots.blog.mongenie.com/index/p/2009/12/892917</guid>
  <pubDate>Wed, 02 Dec 2009 18:59:08 +0100</pubDate>
  </item><item>
   <title>Esprits rebelles. 1</title>
   <description><![CDATA[ &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 

&nbsp;

&nbsp;

&nbsp;

Madame Rose Hanie - 1

&nbsp;

&nbsp;

&nbsp;

Il est bien malheureux l'homme qui aime une femme et la prend

pour &eacute;pouse, qui r&eacute;pand &agrave; ses pieds la sueur de son front, son

sang et la vie de son coeur, et d&eacute;pose dans ses mains le fruit de

son labeur et les rentes de son z&egrave;le ; car quand il s'&eacute;veille

lentement, il r&eacute;alise alors que ce coeur, qu'il s'est efforc&eacute; d'acheter,

s'est donn&eacute; librement et sinc&egrave;rement &agrave; un autre homme pour

satisfaire son amour le plus cach&eacute; et le plus secret.

&nbsp;

&nbsp;

Elle est bien malheureuse la femme qui, ayant perdu l'insouciance

et l'impatience de la jeunesse, se retrouve dans le foyer d'un

homme qui la couvre d'or et de pr&eacute;cieux pr&eacute;sents, qui lui accorde

tous les honneurs et la distinction de f&ecirc;tes prodigues, mais

s'av&egrave;re incapable de satisfaire son &acirc;me avec le vin c&eacute;leste que

Dieu verse des yeux d'un homme dans le coeur d'une femme.

&nbsp;

&nbsp;

Je connaissais Rashid Bey Namaan depuis mon plus jeune &acirc;ge ;

il &eacute;tait libanais, n&eacute; et &eacute;lev&eacute; &agrave; Beyrouth et membre d'une vieille et

riche famille qui maintenait la tradition et la gloire de ses a&iuml;eux,

Rashid aimait &agrave; faire le r&eacute;cit des nobles faits et gestes de ses

anc&ecirc;tres. Dans sa vie quotidienne, il s'appliquait &agrave; suivre leurs

croyances et leurs coutumes qui, &agrave; cette &eacute;poque, pr&eacute;dominaient

au Moyen-Orient.

&nbsp;

&nbsp;

Rashid Bey Namaan &eacute;tait bon et g&eacute;n&eacute;reux, mais comme de

nombreux Syriens, il ne s'occupait que de l'apparence des choses

au lieu de la r&eacute;alit&eacute;.

&nbsp;

&nbsp;

...

Khalil Gibran

&nbsp;

&nbsp;

&nbsp;
 ]]></description>
   <link>http://souffledemots.blog.mongenie.com/index/p/2009/11/892303</link>
   <author>Souffledemots</author>
   <guid isPermaLink="true">http://souffledemots.blog.mongenie.com/index/p/2009/11/892303</guid>
  <pubDate>Mon, 30 Nov 2009 20:36:25 +0100</pubDate>
  </item><item>
   <title>L&#039;Aveugle. 3</title>
   <description><![CDATA[ &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;

&nbsp;

&nbsp;

&nbsp;

&nbsp;

David : 

&nbsp;

Que le ciel te b&eacute;nisse (pause). A pr&eacute;sent, nous devons nous

arr&ecirc;ter de parler. Il se fait tard. Approche-toi et laisse-moi "voir" ton

visage.

&nbsp;

(Anna s'assied &agrave; m&ecirc;me le sol et tend la t&ecirc;te vers lui. Il tient son

visage avec tendresse et le parcourt avec ses doigts d&eacute;licats.)

&nbsp;

Sais-tu, Anna, que ton visage est le seul que j'aie vu depuis que je

suis devenu aveugle. C'est le seul visage que j'aie vue de mes

doigts, et c'est un visage si beau.

&nbsp;

(Il passe ses doigts entre les cheveux d'Anna)

&nbsp;

Et tes cheveux, aussi. Ils sont si doux et si fins. Ils sont dor&eacute;s. Je

peux "voir" qu'ils sont dor&eacute;s.

&nbsp;

(David et Anna gardent le silence pour un moment, sa main reste

pos&eacute;e sur ses cheveux clairs.)

&nbsp;

&nbsp;

&nbsp;

Anna :

&nbsp;

Ecoute, p&egrave;re. Je veux te r&eacute;v&eacute;ler un secret.

&nbsp;

David :

&nbsp;

Je t'&eacute;coute.

&nbsp;

&nbsp;

&nbsp;

Anna :

&nbsp;

Sais-tu que je m'apprends &agrave; voir avec mes doigts ? J'ai pris tes

livres dans ma chambres - ceux &agrave; lettres en relief - et j'ai d&eacute;j&agrave; bien

appris. Je peux lire dans le noir. S'il te pla&icirc;t, n'en parle pas &agrave; ma

m&egrave;re. Elle ne me comprendrait pas. Tu vois, p&egrave;re, je veux me

sentir comme toi. Je veux &ecirc;tre comme toi, vivre dans ton monde. Je

sens que tu n'accepterais que je vienne dans ton monde.

&nbsp;

(Une pause br&egrave;ve, David est profond&eacute;ment &eacute;mu).

&nbsp;

Veux-tu que je te raconte davantage.

&nbsp;

&nbsp;

&nbsp;

David : 

&nbsp;

(Couvrant de ses mains son visage.) 

&nbsp;

Oui, Anna, raconte-moi davantage.

&nbsp;

&nbsp;

&nbsp;

Anna :

&nbsp;

La fois o&ugrave; je suis all&eacute;e &agrave; la soir&eacute;e de l'anniversaire de Barbara, il y

avait six filles &agrave; mes c&ocirc;t&eacute;s - et Barbara aime tant ta musique, p&egrave;re.

Ce soir-l&agrave;, nous avons jou&eacute; &agrave; plusieurs jeux. Tu sais, des jeux de

fllles. Puis, soudain une id&eacute;e m'est venue, et j'ai invent&eacute; un

nouveau jeu. Ce n'&eacute;tait pas vraiment un jeu. C'&eacute;tait plus - comme 

tiens, comme une pri&egrave;re.

&nbsp;

&nbsp;

...

&nbsp;

&nbsp;

Khalil Gibran

&nbsp;

&nbsp;
 ]]></description>
   <link>http://souffledemots.blog.mongenie.com/index/p/2009/11/892167</link>
   <author>Souffledemots</author>
   <guid isPermaLink="true">http://souffledemots.blog.mongenie.com/index/p/2009/11/892167</guid>
  <pubDate>Mon, 30 Nov 2009 12:19:09 +0100</pubDate>
  </item><item>
   <title>Esprits rebelles. Introduction</title>
   <description><![CDATA[ &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 

&nbsp;

&nbsp;

&nbsp;

&nbsp;

Dans les premi&egrave;res ann&eacute;es du si&egrave;cle, Khalil Gibran, install&eacute; &agrave; Boston, collabore au journal Al-Moujaher, destin&eacute; &agrave; l'&eacute;migration arabophone am&eacute;ricaine.

En 1908, il en tire un recueil de textes, Esprits rebelles.Compos&eacute; de quatre histoires d'amour tragiques, le livre pose le probl&egrave;me de la condition de la femme arabe et de sa position dans la soci&eacute;t&eacute; libanaise.

La sanction de cette audace ne tarde pas &agrave; tomber ; le livre est tr&egrave;s s&eacute;v&egrave;rement critiqu&eacute; par l'Eglise maronite qui voit en lui une attaque du clerg&eacute; et une incitation &agrave; la lib&eacute;ration des femmes.

L'ouvrage est jug&eacute; h&eacute;r&eacute;tique, et le pouvoir ottoman au Liban le menace d'autodaf&eacute; en place publique.

Nous pourrons nous rappeler quant &agrave; ce sujet, "Les Ailes bris&eacute;es", l'histoire de Selma Karamy&nbsp;tiraill&eacute;e entre&nbsp;la condition f&eacute;minine des femmes au Liban et celle de vivre en harmonie sa vie de femme avec celui qu'elle aime et non qu'on lui a choisi ...

&nbsp;

&nbsp;

&nbsp;

L. - F.

&nbsp;

&nbsp;
 ]]></description>
   <link>http://souffledemots.blog.mongenie.com/index/p/2009/11/892127</link>
   <author>Souffledemots</author>
   <guid isPermaLink="true">http://souffledemots.blog.mongenie.com/index/p/2009/11/892127</guid>
  <pubDate>Mon, 30 Nov 2009 09:34:51 +0100</pubDate>
  </item><item>
   <title>Le Précurseur. 7</title>
   <description><![CDATA[ 

&nbsp;

&nbsp;

&nbsp;

&nbsp;

Le Roi Ermite - 2

&nbsp;

&nbsp;

&nbsp;

Et je lui dis : "Bien &eacute;trange est ton histoire !"

&nbsp;

&nbsp;

Et il me r&eacute;pondit : "Non, mon ami. Tu es venu frapper &agrave; la porte de

mes silences et tu n'as rien re&ccedil;u. Car qui ne veut pas abandonner

un royaume pour une for&ecirc;t o&ugrave; les saisons ne cessent de chanter

et danser ? Nombreux sont ceux qui ont donn&eacute; leur royaume pour

moins que l'isolement et l'agr&eacute;able compagnie de la solitude.

Nombreux sont les aigles qui descendent de l'air sup&eacute;rieur pour

vivre avec les taupes afin d'en conna&icirc;tre les secrets de la terre. Il y

a ceux qui renoncent au royaume des r&ecirc;ves afin de ne pas

sembler distants de ceux qui ne r&ecirc;vent pas. Et ceux qui renoncent

au royaume de la nudit&eacute;, en couvrant leurs &acirc;mes, afin que les

autres ne soient pas intimid&eacute;s en voyant la v&eacute;rit&eacute; non couverte et la

beaut&eacute; non voil&eacute;e. Et plus extraordinaire encore que tous ceux-l&agrave;

est celui qui renonce au royaume de la tristesse pour ne pas

para&icirc;tre fier et orgueilleux.

&nbsp;

&nbsp;

Puis il se leva en s'appuyant sur son roseau et dit : "va, maintenant

&agrave; la grande cit&eacute; et assieds-toi &agrave; sa porte et regarde tous ceux qui y

entrent et en sortent. Et cherche celui qui, bien que n&eacute; roi, est sans

royaume ; et celui qui, bien que domin&eacute; dans le corps, domine

dans l'esprit, alors que ni lui ni ses sujets ne le savent ; et celui

aussi qui semble gouverner et pourtant il est, en r&eacute;alit&eacute;, esclave de

ses propres esclaves.

&nbsp;

&nbsp;

Apr&egrave;s avoir dit tout cela il me sourit, et il y avait mille aubes sur ses

l&egrave;vres. Puis il se retourna et s'en alla au coeur de la for&ecirc;t.

&nbsp;

&nbsp;

Puis je retournai &agrave; la cit&eacute; et m'assis &agrave; sa porte pour observer les

passants, tout comme il me l'avait dit. Depuis ce jour-l&agrave; jusqu'&agrave;

maintenant innombrables sont les rois dont les ombres sont

pass&eacute;es sur moi et rares sont les sujets sur lesquels mon ombre

est pass&eacute;e.

Khalil Gibran

&nbsp;

&nbsp;

&nbsp;
 ]]></description>
   <link>http://souffledemots.blog.mongenie.com/index/p/2009/11/892040</link>
   <author>Souffledemots</author>
   <guid isPermaLink="true">http://souffledemots.blog.mongenie.com/index/p/2009/11/892040</guid>
  <pubDate>Sun, 29 Nov 2009 20:21:59 +0100</pubDate>
  </item><item>
   <title>Le Précurseur. 6</title>
   <description><![CDATA[ &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 

&nbsp;

&nbsp;

&nbsp;

&nbsp;

Le Roi Ermite

&nbsp;

&nbsp;

&nbsp;

Il me fut racont&eacute; que dans une for&ecirc;t, au milieu des montagnes, un

jeune homme vit seul ; il &eacute;tait autrefois le roi d'un&nbsp;vaste pays au

del&agrave; des Deux Fleuves. 

Il me fut dit &eacute;galement que par sa propre volont&eacute;, il avait quitt&eacute; son

tr&ocirc;ne et la terre de sa gloire pour venir se loger dans des terres

d&eacute;sert&eacute;es.

&nbsp;

&nbsp;

Je me dis alors : "Je voudrais partir &agrave; la recherche de cet homme

et d&eacute;couvrir le secret de son coeur ; car celui qui renonce &agrave; un

royaume doit &ecirc;tre plus noble qu'un royaume".

&nbsp;

&nbsp;

Ce m&ecirc;me jour, je me dirigeai vers la for&ecirc;t o&ugrave; il habitait. Je le trouvai

assis sous un cypr&egrave;s blanc, et dans sa main un roseau comme si

c'&eacute;tait un sceptre.

&nbsp;

Et je le saluai comme j'aurais salu&eacute; un roi. Il se tourna vers moi et

me dit gentiment : "Que fais-tu dans cette for&ecirc;t de s&eacute;r&eacute;nit&eacute; ?

Cherches-tu un moi perdu dans ces ombres verdoyantes, ou la

joie du retour dans ton cr&eacute;puscule ?"

&nbsp;

&nbsp;

Je r&eacute;pondis : "Je ne cherche que toi ; car je voudrais savoir ce qui

t'a fait quitter un royaume pour une for&ecirc;t ?"

&nbsp;

&nbsp;

Et il me dit : "Mon histoire est br&egrave;ve, car la v&eacute;rit&eacute; a &eacute;clat&eacute;

subitement. Cela s'est pass&eacute; ainsi : Un jour, assis &agrave; ma fen&ecirc;tre

dans mon palais, j'ai vu mon chambellan et un envoy&eacute; d'un pays

&eacute;tranger se promener dans mon jardin. Alors qu'ils s'approchaient

de ma fen&ecirc;tre, j'ai entendu le grand chambellan parlait de lui

m&ecirc;me en disant : "Je suis comme le roi, j'ai une soif de vin fort et

une faim de tous les jeux de hasard. Et comme sa majest&eacute; le roi,

j'ai des col&egrave;res en temp&ecirc;tes." Et ils ont disparu au milieu des

arbres. Mais quelques minutes plus tard, ils sont retourn&eacute;s, et cette

fois-ci le grand chambellan parlait de moi, disant : "Sa majest&eacute; le

roi est comme moi, un tireur d'&eacute;lite ; et comme moi, il aime &eacute;couter

la musique et prendre un bain trois fois par jour."

&nbsp;

&nbsp;

Un instant plus tard, le roi ajouta : "Le soir m&ecirc;me, j'ai quitt&eacute; le

palais en ne prenant rien d'autre que les habits que je portais. Car 

je ne veux plus r&eacute;gner sur des sujets qui imitent mes vices et

m'attribuent leurs vertus."

&nbsp;

&nbsp;

&nbsp;

...

&nbsp;

&nbsp;

Khalil Gibran

&nbsp;

&nbsp;

&nbsp;
 ]]></description>
   <link>http://souffledemots.blog.mongenie.com/index/p/2009/11/892035</link>
   <author>Souffledemots</author>
   <guid isPermaLink="true">http://souffledemots.blog.mongenie.com/index/p/2009/11/892035</guid>
  <pubDate>Sun, 29 Nov 2009 20:08:22 +0100</pubDate>
  </item><item>
   <title>Le Précurseur. 5</title>
   <description><![CDATA[ &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 

&nbsp;

&nbsp;

Amour

&nbsp;

&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 

Ils disent que le chacal et la taupe

Boivent de la m&ecirc;me rivi&egrave;re

O&ugrave; vient boire le lion.

&nbsp;

Et ils disent que l'aigle et le vautour

Plongent leurs becs dans la m&ecirc;me carcasse

Et qu'ils sont en paix, l'un avec l'autre,

En pr&eacute;sence de la chose morte.

&nbsp;

&Ocirc; amour, dont la main noble

A refr&eacute;n&eacute; mes d&eacute;sirs

Et a &eacute;lev&eacute; ma faim et ma soif

Vers la dignit&eacute; et la fiert&eacute;,

Ne laisse pas le fort en moi et le constant

Manger le pain et boire le vin

Qui tente mon moi faible.

Laisse-moi plut&ocirc;t je&ucirc;ner

Et laisse mon coeur se dess&eacute;cher de soif,

Laisse-moi mourir et p&eacute;rir

Avant que je ne tende ma main

Vers une coupe que tu n'as pas remplie,

Ou un bol que tu n'as pas b&eacute;ni.Khalil Gibran

&nbsp;

&nbsp;

&nbsp;
 ]]></description>
   <link>http://souffledemots.blog.mongenie.com/index/p/2009/11/892029</link>
   <author>Souffledemots</author>
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  <pubDate>Sun, 29 Nov 2009 20:00:08 +0100</pubDate>
  </item><item>
   <title>Les cendres du passé. 6</title>
   <description><![CDATA[ &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 

&nbsp;

&nbsp;

&nbsp;

&nbsp;

Jean le Fou - 6

&nbsp;

&nbsp;

&nbsp;

&nbsp;

Jean plaida : "Je ne poss&egrave;de pas le moindre sou. Ayez piti&eacute; d'un

pauvre pasteur, P&egrave;re."

Et le p&egrave;re sup&eacute;rieur de r&eacute;torquer : "Alors tu dois vendre une part de

tes biens et apporter trois dinars, car il vaut mieux entrer dans le

Royaume des Cieux sans propri&eacute;t&eacute; que d'attirer sur toi le courroux

de Saint-Elie et de descendre en enfer."

Les autres moines opin&egrave;rent de la t&ecirc;te.

&nbsp;

Apr&egrave;s un bref silence, le visage de Jean s'&eacute;claira et ses yeux

brill&egrave;rent comme si la peur et la servilit&eacute; avaient d&eacute;sert&eacute; son coeur.

La t&ecirc;te haute, il regarda le p&egrave;re sup&eacute;rieur et s'adressa &agrave; lui

hardiment en ces termes : 'Les pauvres h&egrave;res doivent-ils vendre

leurs mis&eacute;rables possessions, la source du pain de leur vie, afin

d'ajouter davantage d'or &agrave; la richesse du monast&egrave;re ? Est-il juste q

que les pauvres soient oppress&eacute;s et deviennent plus pauvres afin

que Saint-Elie puisse pardonner aux boeufs leurs torts

innocents ?"

&nbsp;

&nbsp;

Le p&egrave;re sup&eacute;rieur leva les yeux au ciel et psalmodia : "Il est &eacute;crit

dans le Livre de Dieu que celui qui a en abondance se verra

donner davantage, et que celui qui n'a rien s'en verra d&eacute;poss&eacute;d&eacute;."

&nbsp;

&nbsp;

Quand Jean entendit ces mots, il devint furieux et, tel un soldat qui 

son &eacute;p&eacute;e &agrave; la face de l'ennemi, il tira le Nouveau Testament de

sa poche et s'&eacute;cria : "C'est ainsi que vous d&eacute;tournez les

enseignements du Christ, bande d'hypocrites ! 

&nbsp;

&nbsp;

Et c'est ainsi que vous d&eacute;voyez l'h&eacute;ritage du plus sacr&eacute; de la vie

afin de d&eacute;multiplier vos maux ... Malheur &agrave; vous quand le Fils de

l'Homme reviendra pour d&eacute;truire votre monast&egrave;re, jeter ses d&eacute;bris

dans la vall&eacute;e et r&eacute;duire en cendres votre ch&acirc;sse et vos autels ...

Malheur &agrave; vous quand le courroux du Nazar&eacute;en s'abattra sur vous

et vous jettera dans les profondeurs de l'ab&icirc;me ... 

&nbsp;

&nbsp;

Malheur &agrave; vous qui adorez les idoles de la cupidit&eacute;, qui cachez la

laideur de la haine sous vos habits noirs ... Malheur &agrave; vous,

ennemis de J&eacute;sus, qui bougez les l&egrave;vres pour r&eacute;citer vos pri&egrave;res

tandis que vos coeurs sont charg&eacute;s de luxures ... Malheur &agrave; vous

qui vous agenouillez devant l'autel du corps, tandis que vos esprits

se r&eacute;voltent contre Dieu !

&nbsp;

&nbsp;

Vous &ecirc;tes pollu&eacute;s par votre propre p&eacute;ch&eacute; en me punissant d'avoir

approch&eacute; votre terre, que mes anc&ecirc;tres et moi avons pay&eacute;e. Vous

m'avez ridiculis&eacute; quand je vous ai demand&eacute; piti&eacute; au nom du Christ.

Prenez ce Livre et montrez &agrave; vos moines souriants o&ugrave; le Fils de

Dieu a jamais refus&eacute; de pardonner ... Lisez cette trag&eacute;die c&eacute;leste

et dites-leur o&ugrave; Il n'a pas parl&eacute; de mis&eacute;ricorde et de bont&eacute;, que ce

soit dans le sermon sur la montagne ou bien dans le temple.

&nbsp;

&nbsp;

N'a-t-il pas pardonn&eacute; ses p&eacute;ch&eacute;s &agrave; la femme adult&egrave;re ? N'a-t-il

pas &eacute;cart&eacute; les mains sur la Croix pour embrasser l'Humanit&eacute; ?

Regardez nos mis&eacute;rables masures, o&ugrave; les malades souffrent sur

leur couche dure ... Regardez derri&egrave;re les barreaux des prisons, o&ugrave;

l'homme innocent est victime de l'oppression et de l'injustice ...

&nbsp;

&nbsp;

Regardez les mendiants, qui tendent les mains pour faire

l'aum&ocirc;ne,humili&eacute;s dans leur coeur et bris&eacute;s dans leurs corps ...

Pensez &agrave; tous ces disciples asservis, qui endurent les affres de la

faim, tandis que vous menez une vie de luxure et d'indiff&eacute;rence,

go&ucirc;tant aux fruits des champs et au vin des vignes. Vous n'avez

jamais visit&eacute; un homme qui souffre ni consol&eacute; celui qui &eacute;tait abattu

ni nourri celui qui avait faim. Vous n'avez jamais abrit&eacute; le passant

ni t&eacute;moign&eacute; de sympathie pour l'&eacute;clop&eacute;.

&nbsp;

&nbsp;

Et pourtant vous n'&ecirc;tes pas satisfaits de ce que vous avez

chapard&eacute; &agrave; nos p&egrave;res, mais vous tendez encore vos mains

pareilles &agrave; des t&ecirc;tes de vip&egrave;res, vous emparant par la menace de

l'Enfer du peu qu'une veuve a &eacute;pargn&eacute; tout au long d'une existence

d'un dur labeur qui lui a bris&eacute; le corps, ou de ce qu'un mis&eacute;rable

fellah a stock&eacute; pour maintenir en vie ses enfants !"

&nbsp;

&nbsp;

&nbsp;

...

&nbsp;

Khalil Gibran

&nbsp;

&nbsp;

&nbsp;
 ]]></description>
   <link>http://souffledemots.blog.mongenie.com/index/p/2009/11/891970</link>
   <author>Souffledemots</author>
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  <pubDate>Sun, 29 Nov 2009 16:50:47 +0100</pubDate>
  </item><item>
   <title>Les Dieux de la terre. 4</title>
   <description><![CDATA[ &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;

&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 

&nbsp;

&nbsp;

&nbsp;

&nbsp;

Premier Dieu :

&nbsp;

Mon coeur a soif, cependant je refuse de boire le sang d&eacute;faillant

d'une race d&eacute;bile,

Car la coupe est corrompue, et le vin qu'elle contient est amer &agrave;

mes l&egrave;vres,

Comme toi, j'ai p&eacute;tri l'argile et je l'ai fa&ccedil;onn&eacute;e pour lui donner des

formes vivantes

Qui ont gliss&eacute; de mes doigts ruisselants vers les marais et les

collines.

Comme toi j'ai embras&eacute; les sombres profondeurs de la vie qui

commen&ccedil;ait 

Et je l'ai vue ramper depuis les cavernes jusqu'aux hauteurs

rocheuses.

Comme toi j'ai invoqu&eacute; le printemps et fait de sa beaut&eacute;

Un leurre qui s'empare de la jeunesse et la contraint &agrave; engendrer

et &agrave; se multiplier.

Comme toi j'ai men&eacute; l'homme de sanctuaire en sanctuaire,

Et chang&eacute; sa peur muette des choses invisibles

En confiance craintive en nous, les inaccessibles et les inconnus.

Comme toi j'ai envoy&eacute; des temp&ecirc;tes furieuses s'abattre sur sa t&ecirc;te

Pour qu'il se prosterne devant nous,

Et j'ai &eacute;branl&eacute; la terre &agrave; ses pieds jusqu'&agrave; ce qu'il crie vers nous ;

Et comme toi, j'ai guid&eacute; l'oc&eacute;an sauvage vers son &icirc;le blottie,

Jusqu'&agrave; ce qu'il meure en nous invoquant.

J'ai fait tout cela, et encore davantage.

Et tout ce que j'ai fait est vide et vain.

Vain est le r&eacute;veil et vide est le sommeil.

Et trois vide et vain est le r&ecirc;ve.

&nbsp;

&nbsp;

Troisi&egrave;me Dieu :

&nbsp;

Fr&egrave;res, mes augustes fr&egrave;res,

En bas dans le bocage de myrte

Une fille danse sous la lune,

Il y a une centaine d'&eacute;toiles de ros&eacute;e dans ses cheveux,

Et une centaine d'ailes autour de ses pieds.

&nbsp;

...

Khalil Gibran

&nbsp;

&nbsp;

&nbsp;
 ]]></description>
   <link>http://souffledemots.blog.mongenie.com/index/p/2009/11/891913</link>
   <author>Souffledemots</author>
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  <pubDate>Sun, 29 Nov 2009 14:35:22 +0100</pubDate>
  </item><item>
   <title>Les Dieux de la terre. 3</title>
   <description><![CDATA[ 

&nbsp;

&nbsp;

&nbsp;

Deuxi&egrave;me Dieu :

&nbsp;

&nbsp;

Je ne serais pas aussi inutile qu'en n'&eacute;tant plus.

Il me fallait choisir le chemin le plus rude ;

Suivre les saisons et supporter la majest&eacute; des ann&eacute;es ;

Semer la graine et la regarder pousser en terre ;

Faire sortir la fleur de sa cachette

Et lui donner la force de blottir sa propre vie,

Puis la cueillir quand l'orage &eacute;clate dans la for&ecirc;t ;

Faire jaillir l'homme de la secr&egrave;te obscurit&eacute;,

En prenant soin que ses racines restent agripp&eacute;es &agrave; la terre ;

Lui donner soif de vie, et faire de la mort son &eacute;chanson ;

Le doter de l'amour qui cro&icirc;t avec la douleur,

S'intensifie avec le d&eacute;sir, augmente avec l'envie.

Et d&eacute;p&eacute;rit &agrave; la premi&egrave;re &eacute;treinte ;

Ceindre ses nuits des r&ecirc;ves des grands jours,

Inspirer &agrave; ces jours la vision de nuits bienheureuses,

Et n&eacute;anmoins limiter ses jours et ses nuits

A leur immuable ressemblance ;

Faire que son imagination soit comme l'aigle de la montagne ;

Et sa pens&eacute;e comme les temp&ecirc;tes en mer,

Et n&eacute;anmoins lui donner des mains lentes &agrave; se d&eacute;cider,

Et des pieds qui avancent lourdement ;

Lui donner la joie pour qu'il puisse nous chanter,

Le chagrin pour qu'il puisse nous invoquer,

Et puis l'&eacute;tendre &agrave; terre,

Quand la terre affam&eacute;e r&eacute;clame &agrave; manger ;

&Eacute;lever son &acirc;me bien au-dessus du firmament

Qu'il puisse avoir un avant-go&ucirc;t de notre futur,

Et maintenir son corps rampant dans la fange

Qu'il ne puisse oublier son pass&eacute;

C'est ainsi que nous gouvernerons l'homme jusqu'&agrave; la fin des

temps,

En r&eacute;gissant son souffle qui commen&ccedil;a avec les pleurs de sa

m&egrave;re,

Et se termine par les lamentations de ses enfants.

&nbsp;

&nbsp;

&nbsp;

...

Khalil Gibran

&nbsp;

&nbsp;
 ]]></description>
   <link>http://souffledemots.blog.mongenie.com/index/p/2009/11/891911</link>
   <author>Souffledemots</author>
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  <pubDate>Sun, 29 Nov 2009 14:21:19 +0100</pubDate>
  </item><item>
   <title>Les Dieux de la terre. 2</title>
   <description><![CDATA[ &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 

&nbsp;

&nbsp;

&nbsp;

&nbsp;

&nbsp;

Deuxi&egrave;me Dieu :

&nbsp;

C'est le parfum enflamm&eacute; de la vie qui couve

Que je voudrais respirer maintenant et pour toujours.

Les dieux vivent de sacrifices,

Leur soif est &eacute;tanch&eacute;e par le sang,

Leurs coeurs sont apais&eacute;s par de jeunes &acirc;mes,

Leur vigueur est affermie par les soupirs imp&eacute;rissables

De ceux qui cohabitent avec la mort ;

Leurs tr&ocirc;nes sont b&acirc;tis sur les cendres des g&eacute;n&eacute;rations.

&nbsp;

&nbsp;

&nbsp;

Premier Dieu :

&nbsp;

Mon esprit est las de tout ce qui est.

Je ne l&egrave;verais pas le doigt pour cr&eacute;er un monde

Ni pour en effacer un.

Je ne voudrais pas vivre si je devais mourir,

Car les si&egrave;cles p&egrave;sent sur moi,

Et la plainte incessante des mers trouble mon sommeil.

Si je devais oublier le dessein originel

Et dispara&icirc;tre comme un soleil d&eacute;vast&eacute; ;

Si je devais d&eacute;pouiller ma divinit&eacute; de son but

Et expirer mon immortalit&eacute; dans l'espace,

Et n'&ecirc;tre plus ;

Si je devais me consumer et passer de la m&eacute;moire du temps 

Au vide de nulle part !

&nbsp;

&nbsp;

&nbsp;

Troisi&egrave;me Dieu :

&nbsp;

Ecoutez mes fr&egrave;res, mes fr&egrave;res de longue date.

Un jeune homme dans le vallon l&agrave;-bas

Chante son coeur pour la nuit.

Sa lyre est d'or et d'&eacute;b&egrave;ne,

Sa voix est d'argent et d'or.

&nbsp;

&nbsp;

...

Khalil Gibran

&nbsp;

&nbsp;

&nbsp;
 ]]></description>
   <link>http://souffledemots.blog.mongenie.com/index/p/2009/11/891908</link>
   <author>Souffledemots</author>
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  <pubDate>Sun, 29 Nov 2009 14:05:29 +0100</pubDate>
  </item><item>
   <title>Les Dieux de la terre. 1</title>
   <description><![CDATA[ 

&nbsp;

&nbsp;

&nbsp;

&nbsp;

Quand la nuit de la douzi&egrave;me &eacute;ternit&eacute; tomba,

Et que le silence, mar&eacute;e haute de la nuit, engloutit les collines,

Les trois dieux de naissance terrestre, Les Ma&icirc;tres Titans de la vie,

Apparurent au-dessus des montagnes.

&nbsp;

Les rivi&egrave;res couraient &ccedil;a et l&agrave; &agrave; leurs pieds ; 

La brume flottait sur leur poitrine,

Et leurs t&ecirc;tes se hiss&egrave;rent avec majest&eacute; au-dessus du monde.

&nbsp;

Alors ils parl&egrave;rent, et tels de lointains tonnerres

Leurs voix roul&egrave;rent sur les plaines.

&nbsp;

&nbsp;

&nbsp;

Premier Dieu :

&nbsp;

Le vent vient de l'Est ;

J'aimerais tourner mon visage vers le Sud,

Car le vent emplit mes narines de l'odeur des choses mortes.

&nbsp;

&nbsp;

&nbsp;

Deuxi&egrave;me Dieu :

&nbsp;

C'est l'odeur de la chair br&ucirc;l&eacute;e, douce et bienfaisante.

Je veux la respirer.

&nbsp;

Troisi&egrave;me Dieu :

&nbsp;

C'est l'odeur de ce qui meurt en se dess&eacute;chant au dessus de sa

propre flamme affaiblie.

Elle plane lourdement dans l'air.

Et comme le souffle f&eacute;tide de la fosse

Elle offense mes sens.

Je voudrais tourner mon visage vers le nord inodore.

&nbsp;

...

&nbsp;

&nbsp;

Khalil Gibran

&nbsp;

&nbsp;

&nbsp;
 ]]></description>
   <link>http://souffledemots.blog.mongenie.com/index/p/2009/11/891904</link>
   <author>Souffledemots</author>
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  <pubDate>Sun, 29 Nov 2009 13:53:27 +0100</pubDate>
  </item><item>
   <title>Les Dieux de la terre. Introduction</title>
   <description><![CDATA[ &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;

&nbsp;

&nbsp;

&nbsp;

&nbsp;

&nbsp;

L'homme, ce point de convergence entre le temporel et l'&eacute;ternel ...

Au soir de sa vie, malade, Khalil Gibran s'interroge sur l'humanit&eacute;,

la divinit&eacute;, l'amour, la mort. 

&nbsp;

&nbsp;

Il d&eacute;cide de reprendre certains de ses textes de jeunesse et de

revenir aux sources "pour trouver une autre aube."

&nbsp;

&nbsp;

&nbsp;

Plongeant au coeur des deux grands livres sacr&eacute;s, piliers de son

univers et de sa po&eacute;sie, il prolonge sa r&ecirc;verie biblique et

coranique : exaltation d'un p&eacute;lerinage au coeur de ses origines :

Iram, cit&eacute; des Hautes colonnnes, soif de rencontrer l'&acirc;me soeur

ici-bas ou dans l'au-del&agrave; : Lazare et sa bien-aim&eacute;e, et naissance

de l'amour dans un couple sous le regard des dieux : Les Dieux de

la terre.

&nbsp;

&nbsp;

&nbsp;

Cet ouvrage est suivi donc de deux autres histoires qui sont Iram,

cit&eacute; des hautes colonnes et Lazare et sa bien-Aim&eacute;e.

&nbsp;

&nbsp;

&nbsp;

Bonne lecture ! 

&nbsp;

&nbsp;

&nbsp;

&nbsp;

L. - F.

&nbsp;

&nbsp;

&nbsp;

&nbsp;

&nbsp;

&nbsp;

&nbsp;
 ]]></description>
   <link>http://souffledemots.blog.mongenie.com/index/p/2009/11/891902</link>
   <author>Souffledemots</author>
   <guid isPermaLink="true">http://souffledemots.blog.mongenie.com/index/p/2009/11/891902</guid>
  <pubDate>Sun, 29 Nov 2009 13:45:31 +0100</pubDate>
  </item><item>
   <title>Ma quête d&#039;Absolu</title>
   <description><![CDATA[ 

&nbsp;

&nbsp;

&nbsp;

Mea Culpa

Entre ici et l'Au-del&agrave;

S'installe un dilemme

A mon coeur bl&ecirc;me

Je suis l'&acirc;me d&eacute;sabus&eacute;e

Par la religion, assassin&eacute;e

Par ces inconstants

Qui, le mors au dent

Encore et toujours

Bafoue l'Amour.

Au nom de Dieu

Le tout Puissant et Mis&eacute;ricordieux

Je ne veux plus appartenir

A une &eacute;tique en mal de devenir

Que ce soit chr&eacute;tiens, musulmans

Laissez-moi loin de vos tourments

De cette folie

D'une rage sans merci.

Je prends les chemins de traverse

O&ugrave; nul ne me renverse

L'esprit, le coeur, l'&acirc;me

Sans que meure ma flamme.

Br&ucirc;lez-moi donc au pilori

Des atypiques, des impies,

Je saurais avec force crier

Ma passion, mon int&eacute;grit&eacute;

Pour cette soif de savoir

Qui est-il cet &ecirc;tre porteur d'Espoir

En cette humanit&eacute; morte-vivante

Que son intelligence hante.

En chaque coeur

Je cherche l'erreur.

Il ne se montre, je le&nbsp;ressens

Par del&agrave;, le n&eacute;ant.

Et sa proche aura

Me prend dans ses bras

Sans que je le sache encore.

Mais &agrave; l'aurore,

Apais&eacute;e et tranquille,

L'existence reprend le fil

Et se fige cette histoire

A ma m&eacute;moire.

Eternel 

L&agrave;-haut vers l'immensit&eacute; de ce ciel !

Je t'apostrophe et te tutoie

Malgr&eacute; leur crainte, je sais bien, moi

Que tu observes de ton tr&ocirc;ne

La discorde sous ton aulne

Que tes s&eacute;raphins

Malgr&eacute; leur chant sans fin

Ne peuvent rien y faire

Ce monde&nbsp;est un enfer.

Pardonnez-moi d'&ecirc;tre ainsi

Mais la religion nenni !

Je ne l'&eacute;pouse, je ne la veux

Un accident malencontreux

M'a pos&eacute;e quelques temps

Port&eacute;e au firmament

Sur ces ailes de mensonges

De ceux qui nous rongent.

Il n'y a qu'une v&eacute;rit&eacute;

Il faut Aimer, Aimer

Imbib&eacute;e de sagesse

Sans que ne cesse

La raison.

De toute fa&ccedil;on

L'Etre de lumi&egrave;re

Ne se trouve sur terre

Mais en chacun de nous

Bien que cela paraisse flou

Nous sommes un grain de Celui

Que nous recherchons jour et nuit.

Ma qu&ecirc;te d'Absolu

Jamais plus ...

J'ai d&eacute;couvert 

Cet univers

Au fond de mon coeur

Je n'ai plus peur ...

&nbsp;

&nbsp;

&nbsp;

L. - F.

&nbsp;

&nbsp;
 ]]></description>
   <link>http://souffledemots.blog.mongenie.com/index/p/2009/11/891584</link>
   <author>Souffledemots</author>
   <guid isPermaLink="true">http://souffledemots.blog.mongenie.com/index/p/2009/11/891584</guid>
  <pubDate>Sat, 28 Nov 2009 07:20:16 +0100</pubDate>
  </item><item>
   <title>&quot;Ces&quot; Dimanches</title>
   <description><![CDATA[ 

&nbsp;

Je me souviensD'un temps incertainLorsque petite fille de&nbsp;&laquo; ces &raquo;&nbsp; dimanchesAvec mes socquettes blanchesDans ma robe &agrave; carreaux vichy,Vous vouliez que je prie Les genoux &agrave; la froideur de la pierreDans la grande &eacute;glise aust&egrave;re,O&ugrave; les r&ecirc;ves restent prisonniersAux vitraux color&eacute;sEntre l'ange et le d&eacute;mon&Agrave;&nbsp;chaque saison.J'&eacute;tais cependant sinc&egrave;reParmi vous, grenouilles et vip&egrave;resChantant de vos voix aigu&euml;sQui comme un poison de cigu&euml;P&eacute;n&eacute;traient coeur et &acirc;me,Chassaient la moindre flamme.&Agrave; vous regarder droites comme des manchesDans quelques tailleurs trop serr&eacute;s aux hanches,Je me demandais quelle foliePouvait vous porter vers Dieu ainsi ?Vous distribuiez coups sans &eacute;moiAux le&ccedil;ons de cat&eacute;chisme sur les doigtsAfin de faire entrer en ma petite t&ecirc;teD'une rigide baguette.Quant &agrave; mes questions d&eacute;rangeantesVous me traitiez d'insolente :&laquo; Mais comment Marie peut-elle &ecirc;tre vierge ? &raquo; Tandis que se consumait un &eacute;norme cierge ...Dans sa soutane noire tel un diableLe cur&eacute; d'un air peu charitablePlissait sourcils et frontDevant cet affront,Se signait prestement d'une mainAvant de me mettre au coin.&Agrave;&nbsp;vouloir m'inculquer votre vision,Naquit ma r&eacute;bellion.Je me suis invent&eacute;e mon DieuAu bleu des cieuxEt non le v&ocirc;tre,Les bons ap&ocirc;tres !Dans ce lieu sombre et glac&eacute;Que le soleil jamais n'illuminaitFroid comme la mort,P&eacute;trifiant le corps,O&ugrave; l'&acirc;me ne voyageSans le duvet d'un nuage,O&ugrave; le coeur ne s'exprimeComme jet&eacute; aux ab&icirc;mesD'un confessionnalQui ne reconna&icirc;t que le mal.Il fallait inventerDes p&eacute;ch&eacute;sPour vous faire plaisirAfin d'assouvirVotre instinct destructeur d'innocence.Parmi les parfums de cire et d'encensJe vous ai offert tous &laquo; ces &raquo; dimanches.Petit oiseau sur la brancheAvec mes chaussures verniesEt mon missel pour compagnieSur ces bancs poussi&eacute;reuxO&ugrave; je n'ai aper&ccedil;u Dieu ... 

&nbsp;

&nbsp;

L. - F.

&nbsp;

&nbsp;
 ]]></description>
   <link>http://souffledemots.blog.mongenie.com/index/p/2009/11/891576</link>
   <author>Souffledemots</author>
   <guid isPermaLink="true">http://souffledemots.blog.mongenie.com/index/p/2009/11/891576</guid>
  <pubDate>Sat, 28 Nov 2009 06:55:28 +0100</pubDate>
  </item><item>
   <title>L&#039;Aveugle. 2</title>
   <description><![CDATA[ 

&nbsp;

&nbsp;

&nbsp;

&nbsp;

Anna :

&nbsp;

Oh, p&egrave;re ! Je ne peux pas lire ce po&egrave;me comme tu le fais ! Il est si beau quand toi-m&ecirc;me, tu le d&eacute;clames&lt;:

&nbsp;

(David r&eacute;p&egrave;te les deux derniers vers. Puis un silence profond s'abat sur tous les deux. On entend le vent souffler &agrave; l'ext&eacute;rieur.)

&nbsp;

Dois-je lire un autre po&egrave;me, p&egrave;re ?

&nbsp;

&nbsp;

David :

&nbsp;

Non, ma ch&eacute;rie, cela suffit pour ce soir. Tu dois &ecirc;tre fatigu&eacute;e.

&nbsp;

&nbsp;

Anna : 

&nbsp;

Je ne suis pas fatigu&eacute;e. Je ne me fatigue jamais en lisant pour toi. S'il te pla&icirc;t, laisse-moi rester encore un moment.

&nbsp;

(David sort une montre de sa poche et passe le doigt sur son cadran.)

&nbsp;

&nbsp;

David :

&nbsp;

Il est si tard, tu ne peux imaginer &agrave; quel point il se fait tard, ma fille. Si tu ne vas pas te coucher, ta m&egrave;re sera en col&egrave;re contre toi et contre moi aussi.

&nbsp;

&nbsp;

Anna :

&nbsp;

Ma m&egrave;re continue &agrave; me traiter comme si j'&eacute;tais encore une enfant. Elle ne peut&nbsp; pas voir que je suis tout simplement aussi vieille qu'elle. Ah ! j'aimerais que ma m&egrave;re&nbsp;puisse avoir plus de compr&eacute;hension !

&nbsp;

&nbsp;

David :

&nbsp;

(Avec pr&eacute;venance) Et p&egrave;re aussi ?

&nbsp;

&nbsp;

Anna :

&nbsp;

Toi, tu comprends toujours, p&egrave;re.

&nbsp;

&nbsp;

David :

&nbsp;

J'aurais souhait&eacute; &ecirc;tre ton p&egrave;re, Anna.

&nbsp;

&nbsp;

Le Fou :

&nbsp;

Elle l'appelle toujours p&egrave;re, et pourtant David est le fils du coeur d'Anna. Tout homme est l'enfant de la femme qui l'aime.

&nbsp;

&nbsp;

Anna :

&nbsp;

(Posant son bras autour de lui) Mais tu es mon p&egrave;re ! S'il te pla&icirc;t, dis que tu es mon p&egrave;re. J'&eacute;tais toute petite quand tu t'es mari&eacute; avec ma m&egrave;re. Je ne me souviens plus de son premier mari ; je veux dire mon autre p&egrave;re.

&nbsp;

&nbsp;

David :

&nbsp;

(Avec une tristesse r&ecirc;veuse.) Oui, ma ch&eacute;rie, je sais. Mais j'aurais bien voulu que tu sois ma vraie fille. Un aveugle a besoin d'une fille, une enfant de sa propre chair qui puisse voir pour lui et lire pour lui, quand le bout de ses doigts est fatigu&eacute; de ces lettres en relief et que ses yeux sont las de l'obscurit&eacute;.

&nbsp;

&nbsp;

Anna : 

&nbsp;

Certainement, tu ne dis pas ces choses pour me blesser. Tu sais que je t'aime le plus au monde. Tu sais que tu es le p&egrave;re de mon coeur, et tu sais que je ne t'abandonnerai jamais tant que je suis en vie. Te souviens-tu de ce qui nous a r&eacute;jouis, l'&eacute;t&eacute; pass&eacute; ? Le po&egrave;me qui dit : " T u es l'enfant de mon coeur en Dieu, et de mon esprit, bien que tu ne sois pas de ma chair. Et dans tes veines coule un souffle plus riche que des rubis en liquide." T'en souviens-tu, p&egrave;re ?

&nbsp;

&nbsp;

David : 

&nbsp;

Oui, je me souviens. (Il faut une pause).Je sais que tu m'aimes, ma ch&eacute;rie. Tu m'aimes, parce que j'ai besoin de toi et que je suis aveugle.Anna : 

&nbsp;

(En criant.) Non, p&egrave;re ! je t'aime car c'est moi qui ai besoin de toi. Je t'aime, car tu es le seul homme sur terre qui ne soit pas aveugle.

&nbsp;

&nbsp;

Le Fou :

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&nbsp;

Si un aigle et un ver de terre se rencontraient pour parler de ce qu'ils voient, chacun d'eux traiterait l'autre d'aveugle.

&nbsp;

&nbsp;

&nbsp;

...Khalil Gibran

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   <link>http://souffledemots.blog.mongenie.com/index/p/2009/11/891115</link>
   <author>Souffledemots</author>
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  <pubDate>Thu, 26 Nov 2009 18:57:24 +0100</pubDate>
  </item><item>
   <title>Les cendres du passé. 5</title>
   <description><![CDATA[ &nbsp;

Jean le Fou - 5

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&nbsp;

Il le salua, s'inclina r&eacute;v&eacute;rencieusement et lui demanda s'il avait vu ses boeufs. Le moine qui semblait essayer de contenir sa col&egrave;re lui dit : "Oui, je les ai vus. Suis-moi et je te les montrerai."

&nbsp;

&nbsp;

Comme ils parvenaient au monast&egrave;re, Jean trouva ses boeufs attach&eacute;s avec des cordes dans une &eacute;table. L'un des moines se comportait comme leur gardien et, chaque fois qu'un animal bougeait, il lui frappait l'&eacute;chine avec un lourd b&acirc;ton. Jean&nbsp; fit une tentative d&eacute;sesp&eacute;r&eacute;e pour d&eacute;tacher ses pauvres b&ecirc;tes, mais le moine le retint par sa cape et l'en emp&ecirc;cha. Au m&ecirc;me moment, il se tourna vers le monast&egrave;re et cria : "voil&agrave; le vacher criminel ! je l'ai trouv&eacute; !" Les pr&ecirc;tes et les moines se pr&eacute;cipit&egrave;rent&nbsp; sur place et encercl&egrave;rent Jean qui, d&eacute;concert&eacute;, se sentait comme un captif. "Je n'ai rien fait pour m&eacute;riter d'&ecirc;tre trait&eacute; de criminel." dit Jean, au p&egrave;re sup&eacute;rieur. Et ce dernier r&eacute;pliqua en col&egrave;re : "Tes boeufs ont pi&eacute;tin&eacute; nos plantations et d&eacute;truit nos vignes.Dans la mesure o&ugrave; tu en es responsable des dommages qu'ils ont caus&eacute;s , nous ne te rendrons pas tes boeufs tant que tu n'auras pas compens&eacute; notre perte."

&nbsp;

&nbsp;

Jean protesta : "Je suis pauvre et je n'ai pas d'argent. S'il vous pla&icirc;t, rel&acirc;chez mes boeufs et je fais l'engagement solennel que je ne les ram&egrave;nerai jamais sur ces terres."

&nbsp;

&nbsp;

Le p&egrave;re sup&eacute;rieur fit un pas en arri&egrave;re, leva la main vers les cieux et dit : " Dieu nous a d&eacute;sign&eacute;s pour &ecirc;tre les protecteurs de cette vaste terre de Saint-Elie, et c'est notre devoir que de veiller sur elle de toute notre puissance, car cette terre est sainte, et comme le feu, elle br&ucirc;lera quiconque y p&eacute;n&eacute;trera. Si tu refuses de payer ton crime contre Dieu, l'herbe que tes boeufs ont mang&eacute;e ne manquera pas de se changer en&nbsp; poison et de les an&eacute;antir !"

&nbsp;

&nbsp;

Le p&egrave;re sup&eacute;rieur s'appr&ecirc;tait &agrave; repartir, mais Jean toucha sa robe de bure et le supplia humblement "J'en appelle &agrave; vous au nom de J&eacute;sus et de tous les saints, laissez-nous&nbsp; libres, mes animaux et moi. Soyez&nbsp; bons avec moi, car je suis pauvre, et les coffres du monast&egrave;re regorgent d'or et d'argent. Ayez piti&eacute; de mes parents pauvres et &acirc;g&eacute;s, dont la vie d&eacute;pend de moi. Dieu me pardonnera si je vous ai fait du tort."

&nbsp;

&nbsp;

Le p&egrave;re sup&eacute;rieur le toisa s&eacute;v&egrave;rement et dit : "Pauvre ou riche, le monast&egrave;re ne peut te pardonner tes dettes. Trois dinars suffiront &agrave; lib&eacute;rer tes boeufs."

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...

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&nbsp;

Khalil Gibran

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   <link>http://souffledemots.blog.mongenie.com/index/p/2009/11/891008</link>
   <author>Souffledemots</author>
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  <pubDate>Thu, 26 Nov 2009 14:17:25 +0100</pubDate>
  </item><item>
   <title>L&#039;Aveugle. 1</title>
   <description><![CDATA[ &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 

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Pr&eacute;sentation des personnages

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&nbsp;

David Rugby, un musicien aveugle, trente ans

&nbsp;

Helen, son &eacute;pouse, dans la quarantaine

&nbsp;

Sa fille Helen, Anna, d'un pr&eacute;c&eacute;dent mariage

&nbsp;

Kingdon, l'homme qui a travers&eacute; le champ

&nbsp;

Le Fou

&nbsp;

&nbsp;

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Contexte :

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Une nuit de janvier, aux environs de 23 heures, une temp&ecirc;te de

neige souffle &agrave; l'ext&eacute;rieur ...

&nbsp;

&nbsp;

&nbsp;

Mise en sc&egrave;ne :

&nbsp;

&nbsp;

Le rideau se l&egrave;ve, le Fou descend au centre de l'aile pour rentrer

sur la sc&egrave;ne en se dirigeant vers une chaise pr&egrave;s de la

chemin&eacute;e et s'y assied.

&nbsp;

David et Anna se trouvent sur un canap&eacute;.

Anna est en train de lire un po&egrave;me &agrave; haute voix pour l'homme

aveugle.

Apr&egrave;s avoir fini de lire. Anna parle ....

&nbsp;

&nbsp;

&nbsp;

&nbsp;

A suivre ...

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&nbsp;

Khalil Gibran

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 ]]></description>
   <link>http://souffledemots.blog.mongenie.com/index/p/2009/11/890894</link>
   <author>Souffledemots</author>
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  <pubDate>Thu, 26 Nov 2009 07:06:40 +0100</pubDate>
  </item><item>
   <title>L&#039;Aveugle. Introduction</title>
   <description><![CDATA[ &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;

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&nbsp;

&nbsp;

L'Aveugle est &eacute;galement une pi&egrave;ce de th&eacute;&acirc;tre qui gravite autour de

deux couples : la jeune fille et son beau-p&egrave;re qui est aveugle, ainsi

que la m&egrave;re et son amant. Il s'av&egrave;re que Khalil Gibran nous pose

cette histoire avec subtilit&eacute; comme il sait si bien le faire &agrave; chaque

fois et que toute le&ccedil;on est bonne &agrave; retenir. L'Aveugle &eacute;tant le plus

voyant de tous au devant de la sc&egrave;ne. Voir est en soi quelque

chose de grand, bien au-del&agrave; de la simple vue du monde.

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L. - F.

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 ]]></description>
   <link>http://souffledemots.blog.mongenie.com/index/p/2009/11/890892</link>
   <author>Souffledemots</author>
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  <pubDate>Thu, 26 Nov 2009 07:00:15 +0100</pubDate>
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